La Fifa a dévoilé ce 05 juin 2026, son Programme de répartition des bénéfices aux clubs pour le Mondial 2026. Les informations sur les nouveaux principes s’appuient sur la base d’un volet plus inclusif et équitable. Qu’en est-t-il des analyses autour du sujet et la part du football africain ?

Selon les indications substantielles de l’instance faîtière du football mondial, Fifa, le Programme de répartition des bénéfices aux clubs pour la Coupe du Monde 2026, concernent ; les éliminatoires dès la phase préliminaire. Ce qui fait dire un impact financier sur les clubs du monde entier. Le montant en question s’élève à 355 millions USD, sera réparti en deux composantes.
La circulaire officielle de la Fifa sur le Club Benefits Programme (Programme de répartition des indemnités aux clubs), est généralement activé lors des grandes compétitions internationales comme la Coupe du Monde.
. Les critères d’éligibilité des clubs
Pour qu’un club prenne part à cette enveloppe financière, deux conditions majeures sont à remplir :
L’inscription numérique obligatoire. À ce stade, le club doit impérativement soumettre une demande officielle et signer un formulaire d’inscription électronique via la plateforme dédiée de la Fifa (Fifa Professional Football Landscape), avant une date limite stricte fixée avant le tournoi. Un club qui omet cette démarche ne recevra rien, même si ses joueurs participent ;
La période d’enregistrement du joueur. Ici, l’éligibilité ne concerne pas uniquement le club actuel du joueur au moment du tournoi. La Fifa récompense tous les clubs auprès desquels le joueur a été enregistré au cours des deux années précédant la phase finale du Mondial 2026.
. Le mode de calcul des indemnités
La répartition de l’argent ne dépend pas des minutes jouées sur le terrain, mais du temps de mise à disposition. Le calcul suit une formule mathématique rigoureuse :
-Prorota journalier fixe. La Fifa définit un montant brut fixe par joueur et par jour (à titre d’exemple, il était de 10 950 USD par jour lors du Mondial 2022 au Qatar) ;
-La période de calcul. Le compteur de jours commence généralement 10 jours avant le match d’ouverture du Mondial et s’arrête le lendemain de l’élimination de l’équipe nationale du joueur. Tous les joueurs d’une même sélection nationale génèrent donc exactement le même montant global pour la durée de leur parcours ;
-Le partage des parts concerne la règle des 1/3. Ce qui suppose que, le montant total généré par un joueur sur l’ensemble de la compétition est divisé en trois parts égales, soit 33.3% par période, correspondant aux trimestres des deux années précédant le tournoi.
1/3 revient au club où le joueur est enregistré pendant la phase finale, 1/3 revient au(x) club(s) où le joueur a évolué l’année précédant le tournoi, 1/3 revient au(x) club(s) où le joueur a évolué deux ans avant le tournoi.
Si un joueur est resté dans le même club pendant les deux années complètes, ce club touche 100% de la somme journalière cumulée. S’il a été transféré, la somme est divisée au prorota du temps passé dans chaque club.
Ce calcul complet est basé sur l’historique de transfert de chaque joueur sélectionné. La Fifa effectuera cet exercice à la fin du Mondial 2026, puis enverra le décompte exact par courriel aux différents clubs.
. Qui a droit à cet argent ? Et qui n’y a pas droit ?
Cet argent est réservé exclusivement aux clubs éligibles. Seuls les clubs qui ont mis leurs joueurs à disposition de leur équipe nationale touchent les indemnités ;
Exclusion stricte, ni les fédérations nationales, ni les joueurs eux-mêmes ne peuvent réclamer une part de cet argent.
. Cumul avec les autres indemnités
Cette prime de la Fifa n’annule pas les autres droits financiers des clubs. Elle s’ajoute sans y porter atteinte aux mécanismes classiques de solidarité du football, comme les indemnités de formation ou le mécanisme de solidarité géré par la Chambre de Compensation de la Fifa.

. Le football africain dans ces opérations
Le football africain est directement concerné par ces opérations. Mais, la réalité du terrain crée un double constat :
D’un côté, une dépendance historique envers les clubs européens qui libèrent les stars des sélections africaines. Et, de l’autre une opportunité historique pour les clubs locaux, grâce aux nouvelles réformes de la Fifa pour cette Coupe du Monde 2026.
L’impact du Club Benefits Programme sur le continent africain s’articule autour de trois dynamiques :
-La grande nouveauté de 2026. Les matchs du tournoi de qualification seront récompensés. C’est le changement majeur qui va impacter les clubs africains. Jusqu’à présent, seuls les clubs dont les joueurs atteignaient la phase finale touchaient de l’argent.
Pour l’édition 2026 du Mondial, la Fifa a débloqué une enveloppe spécifique de 100 millions USD uniquement pour les matchs de qualification.
Chaque club reçoit environ 2 360 USD par joueur et par match. Sont concernés, les joueurs présents sur la feuille de match, soit 11 titulaires et 12 remplaçants ;
Cela est crucial pour l’Afrique pour les motifs suivants : les matchs de qualifications durent longtemps et impliquent de joueurs évoluant dans les championnats locaux ou régionaux. C’est le cas du Maghreb, de l’Afrique du Sud ou de la Tanzanie entre autres.
Même si une équipe nationale africaine ne s’est pas qualifiée à la phase finale du Mondial 2026, ses clubs locaux vont percevoir d’importantes indemnités basées sur les journées de qualifications disputées.
-Le partage des gains avec l’Europe. On s’appuie sur la règle des deux ans. La majorité des joueurs vedettes des grandes sélections nationales africaines à l’exemple du Sénégal, Cameroun, Nigéria évoluent en Europe.
Cependant, grâce à la règle du calcul sur les deux années précédant le tournoi, les clubs formateurs ou intermédiaires africains récupèrent une part du gâteau.
Si un joueur africain a été transféré de son club local vers l’Europe au cours des 24 derniers mois, le club africain touche au prorata des 5 000 USD minimum par jour générés durant la phase finale.
Un exemple concret. Un joueur local qui a disputé les qualifications avec son club en Afrique avant le Mondial 2026, permettra aux deux clubs de partager l’indemnité journalière.
-Les ogres du football africain sont en première ligne. Pour la phase finale du Mondial 2026, dotée de 250 millions USD, ce sont les clubs dominants du continent, ceux qui parviennent à attirer des internationaux africains et à les conserver qui tirent le meilleur profit de ce programme.
Des clubs comme Al Ahly (Égypte), Mamelodi Sundowns (Afrique du Sud), Espérance Tunis (Tunisie), Wydad AC (Maroc) fournissent régulièrement des contingents entiers de joueurs à leurs sélections respectives ou aux pays voisins.
Pour ces structures, les montants accumulés représentent des dizaines voire des centaines de milliers de dollars injectés directement dans leur budget de fonctionnement, sans passer par les fédérations nationales.
En somme, si le gros des indemnités de la phase finale repart structurellement vers les championnats européens, lesquels emploient le plus grand nombre d’internationaux, la réforme de 2026 intégrant les matchs de qualification est une bouffée d’oxygène financière inédite pour le football d’Afrique subsaharienne et locale.
C’est sans doute et enfin une sorte de valorisation du travail de mise à disposition des joueurs dès les premières étapes de la compétition.
Du moins, on réclame davantage en attendant l’histoire de la prochaine aurore…





















