jeudi, octobre 15, 2026

Du 12-21 octobre 2026 se jouera la compétition futsal. Elle a lieu au maroc. Huit pays sont qualifiés à cet effet. Ce sport est visiblement le parent pauvre de l’activité à l’échelle africaine. Il suffit simplement d’analyser le gouffre entre le potentiel spectaculaire, l’amour que portent les jeunes dans les quartiers, et le mépris institutionnel dont fait l’objet l’activité. Que relève-il d’un tel écart ?

Il existe une immense hypocrisie dans le paysage sportif africain ; on célèbre le football comme une religion. Mais, on traite sa forme la plus pure, la plus technique et la plus technique, accessible. On fait du Futsal une simple variable d’ajustement.

Alors même que le continent vibre à chaque grand rendez-vous du football à onze, la 8è édition de la Can masculine de Futsal se déroule dans une quasi- indifférence médiatique et institutionnelle.

Comment expliquer qu’un sport qui correspond pourtant si parfaitement à l’ADN technique et à la culture urbaine de la jeunesse africaine soit à ce point marginalisé?

. Le syndrome du “petit frère ” budgétaire

Dans la quasi-totalité des institutions étatiques et des associations nationales du continent, le Futsal subit une relégation chronique.

Il est perçu non pas comme une discipline à part entière dotée de sa propre autonomie. Mais, comme une sous-section du football sur gazon, bonne tout au plus pour occuper les gymnases quand ils ne servent pas à autre chose.

Les budgets alloués frôlent l’insignifiance, les primes de sélections sont dérisoires comparées à celles du football traditionnel, et les sélections nationales sont souvent assemblées dans l’urgence, sans le moindre plan de préparation à long terme.

. La honte des infrastructures

On joue à ce football d’élite sur du béton brut.

Le symptôme le plus éclatant de ce manque de considération réside dans l’état des lieux. Demander à une équipe nationale de futsal où elle s’entraîne au pays ; vous obtiendrez souvent la réponse d’un système D tragique.

Des terrains de handball extérieurs au revêtement abrasif, des salles polyvalentes scolaires sans éclairage adéquat, ou des sols en béton qui détruisent les articulations des joueurs. Comment exiger d’athlètes qu’ils rivalisent avec l’élite mondiale sur des parquets aux normes Fifa, alors qu’on leur refuse les structures de base indispensables à la pratique de leur sport ?

. Le gâchis d’un vivier inexploré

L’air regorge de protiges du ballon rond, formés dans la rue, sur les terrains vagues ou les cours de béton, où la maîtrise du dribble et la vitesse de décision priment.

Le Futsal est le prolongement naturel de cette culture de l’espace réduit. Pourtant, par manque de structures de formation, des championnats locaux structurés et de filières professionnelles viables, des milliers de talents meurent dans l’oeuf.

On attend qu’une génération explose par miracle, portée par la seule passion individuelle, au lieu de bâtir une filière d’excellence structurée.

En somme, Aujourd’hui, si le Maroc brille sur la scène internationale, c’est l’exception qui confirme la règle d’un continent qui regarde ailleurs.

Tant que les instances dirigeantes du football africain ne verront pas le Futsal comme un investissement stratégique majeur, capable de structurer une vraie industrie sportive, de générer des emplois et de porter haut les couleurs du continent. Ce sport continuera d’être le géant aux pieds d’argile du sport africain ; passionnant sur le terrain, mais totalement abandonné hors des salles…

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