mercredi, octobre 21, 2026

La bataille Fifa vs Uefa se poursuit malgré tout. Il s’agit en fait ; de la sortie épistolaire de l’Uefa, interpelle ce 19 octobre 2026 l’instance faîtière du football mondial, Fifa, sur des points précis se rapportant à sa gouvernance globale. Qu’indique ce nouveau feuilleton ?

C’est qu’à l’approche du 77è Congrès électif de la Fifa le 18 mars 2027 à Rabat, les relations en la Fifa et l’Uefa traversent une zone de turbulences majeures.

Loin de se limiter à des différends bureaucratiques, ou à des querelles de calendrier. L’offensive menée par l’Uefa, ravivée à la suite de la 37è réunion du Conseil de la Fifa du 15 octobre 2026, traduit une mutation profonde de la géopolitique du football planétaire.

Face à une gouvernance centralisée et solidement ancrée sur le soutien des 211 associations membres. L’Europe du football a choisi de déplacer le terrain de la confrontation. Plutôt que, de risquer une opposition frontale et personnalisée.

Trois angles d’analyse permettent d’établir la réalité des faits :

. Angle stratégique

Il y a le constat de départ. Celui du rapport de force numérique au sein du Congrès de la Fifa du 18 mars 2027, place l’Uefa structurellement minoritaire dans le cadre du levier d’influence.

Il va de soi, que toute stratégie frontale ou personnalisée contre la présidence en exercice, est strictement vouée à l’échec, si elle est perçue comme une hégémonie eurocentrée.

Ensuite, il y a le déplacement du front. L’Uefa passe de la personne aux règles.

La riposte européenne ne doit pas porter sur les hommes, mais l’architecture institutionnelle.

En ciblant les zones grises des statuts de la Fifa, notamment la porosité entre le pouvoir exécutif et les organes de contrôle tels la commission d’éthique, commission de gouvernance entre autres, l’Uefa crée un standard de légitimité.

L’objectif est d’institutionnaliser l’idée que ; la gouvernance mondiale prime sur la redistribution financière discrétionnaire.

Le dernier point sur ce volet concerne l’exploitation des lignes de fracture tierces.

Le programme Fifa Forward demeure le principal ciment de la cohésion du bloc sortant.

Plutôt que de s’y opposer directement, la stratégie européenne consiste justement à exiger une traçabilité et des audits indépendants, sur l’allocation des fonds de développement.

Cette exigence de transparence fournit aux oppositions internes, en Asie, à la Concacaf ou au sein de certaines fédérations africaines isolées ; les munitions juridiques nécessaires, pour porter la contradiction lors du scrutin de Rabat.

. Angle géopolitique

Il s’agit clairement de la longue marche de l’Europe face au modèle Fifa.

Au fur et à mesure que l’échéance du 18 mars 2027 approche, la tension entre l’Uefa et la Fifa change de nature. Elle n’est plus seulement feutrée ou cantonnée aux désaccords sur le calendrier international des matchs. Elle touche au modèle même de la gouvernance sportive mondiale.

D’un côté, la Fifa a érigé un système fondé sur une centralisation forte de l’autorité et une diplomatie du terrain, incarnée par le soutien indéfectible des fédérations bénéficiaires des programmes d’aide.

De l’autre, l’Uefa tente de réactiver les fondamentaux du droit institutionnel, notamment la séparation des pouvoirs, la limitation des mandats, et le respect strict des procédures d’arbitrage.

Le retour à la charge de l’Uefa sur les résolutions de la dernière réunion du Conseil démontre que, l’Europe refuse de jouer les spectatrices résignées.

En choisissant de ne pas personnaliser le combat, elle cherche à rendre l’exercice du pouvoir exécutif actuel de plus en plus contestable sur le plan de la conformité.

À Rabat, le vote ne se jouera pas seulement sur les bilans chiffrés. Mais, sur la capacité des oppositions à imposer un débat sur la démocratie interne.

. Angle synthétique et analytique

Ce procédé met en avant la dissociation des pouvoirs exécutifs au sein des instances mondiales.

Le principe de séparation concerne l’exigence portée par les fédérations européennes. Cela repose sur la sanctuarisation d’un Conseil de la Fifa véritablement délibératif, capable de faire obstacle aux décisions unilatérales de l’exécutif ;

L’enjeu des résolutions entre en ligne de compte dans ce volet. Les interpellations successives sur les points précis votés en Conseil de la Fifa ne visent pas à bloquer l’institution. Mais, à documenter les écarts réglementaires.

Chaque zone d’ombre juridique relevée alimente le dossier critique, qui servira de socle programmatique aux alternatives politiques d’ici le prochain Congrès.

En somme, la bataille de 2027 se gagnera sur le terrain de la crédibilité institutionnelle. L’Uefa cherche à démontrer que, la pérennité financière du football mondial ne peut s’affranchir de contre-pouvoirs rigoureux.

Affaire à suivre…

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