vendredi, octobre 16, 2026

La nouvelle trouvaille du Président Gianni Infantino de la Fifa fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le projet dont il est question, vise essentiellement la vente des parts de la Fifa aux privés. C’est vraisemblablement un tournant historique pour une association à but non lucratif, qui gère le football mondial. De quoi s’agit-t-il concrètement ?

Gianni Infantino dans une initiative extraordinaire et dépourvue de sens rationnel aux missions de la Fifa, a annoncé un plan sans précédent en rapport d’avec la privatisation partielle des droits commerciaux et opérationnels de la Fifa aux privés. Ce qui vraisemblablement revêt les allures d’un séisme à l’amplitude XXL.

. De quoi s’agit-t-il concrètement du fameux projet FFE ?

La Fifa de Gianni Infantino s’emploie depuis quelques jours à créer une filiale commerciale. Elle gérera l’ensemble des droits commerciaux ; droits TV, sponsorings, billetterie, licences, ainsi que l’organisation opérationnelle des grandes compétitions telles les Mondiaux masculins, féminins, Coupes du Monde des Clubs.

La Fifa dans son option révolutionnaire évalue ce projet FFE à 20 milliards de dollars. Elle cherche à lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés.

. Les contours et les acteurs financiers

La Fifa vise évidemment un investisseur clé pour ce projet. Il s’agit des fonds d’investissement Thrive Capital, fondé par un certain Joshua Kushner, frère de Jared Kushner et gendre de Donald Trump, le Président des États-Unis.

À ce stade, on évoque le rôle de la banque d’affaires J.P. Morgan. Elle agit en tant que partenaire stratégique dans la structuration, et l’élaboration du “deal” en question.

Gianni Infantino utilise un type d’argument, pour convaincre les 211 associations nationales membres de la Fifa. Il leur promet un chèque immédiat d’une valeur allant de 20-40 millions de dollars par fédération nationale. Cela se ferait par le canal du fameux “Fifa Fast Forward Program”.

Dans sa logique opérationnelle, Gianni Infantino se propose d’être en personne le “commissaire“. En d’autres termes, il serait président exécutif de cette nouvelle entité financière et commerciale.

. Les enjeux financiers et politiques

La Fifa de Gianni Infantino à travers cette opération mercantile à outrance, viserait une quête de liquidités massives.

L’instance faîtière du football mondial voudrait dit-elle, chercher à garantir des revenus gigantesques. Ceci dans le but de financer ses programmes globaux. Aussi, estime-on de ce côté de la Fifa, vouloir combler le fossé financier entre Confédérations.

La mise en avant de la géopolitique est une évidence, au regard des données recueillies. C’est par là, une façon sournoise d’Infantino, qu’il assaye son pouvoir ; face aux géants d’Europe, notamment les Ligues.

L’astuce est simple. En distribuant des dizaines de millions de dollars aux petites et moyennes fédérations d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, d’Océanie ; le patron du football mondial à la Fifa s’assure du soutien électoral important.

Question pour lui, d’affaiblir le contre-pouvoir venu d’Europe.

. Les effets potentiels

-Effets positifs selon la Fifa : Manne financière globale : plus de 10 millions de dollars redistribués aux 211 fédérations du monde, destinés aux infrastructures et le football de base ;

Risques et effets pervers selon les critiques : Augmentation du prix des billets, hyper-commetcialisation et pression pour multiplier les matchs et autres compétitions.

-Effets positifs selon la Fifa : Professionnalisation, elle est marquée par l’entrée d’experts privés, pour maximiser la rentabilité des compétitions ;

Risques et effets pervers selon les critiques : perte de souveraineté, les fonds d’investissement cherchent un rendement à tout prix. Ceci dicterait les formats de compétitions ou la localisation des matchs.

-Effets positifs selon la Fifa : Réduction de l’écart Nord/Sud, les associations nationales les plus pauvres recevraient des budgets inédits ;

Risques et effets pervers selon les critiques : Ingérence politique, l’implication des fonds américains proches de sphères politiques suscite des craintes sur l’éthique et la gouvernance.

. Les réactions

Il s’agit d’un tollé indescriptible. L’Uefa, Confédération européenne de football tonne fortement. L’instance faîtière du football européen a sans tarder dénoncé une initiative grotesque.

Laquelle dépasse selon elle une ligne, que les institutions dirigeantes du football mondial ne devraient jamais franchir.

Elle rappelle au passage dans un ton ferme : “Le football n’appartient à personne, il n’est pas à vendre.” (Uefa)

Des inquiétudes sur le calendrier sont bien une vive alerte.

Les syndicats de joueurs, la Fifpro et les Ligues nationales redoutent ces investissements privés. On imposera des cadences infernales encore plus démentielles aux acteurs de l’activité, pour une plus grande rentabilité à coup de milliards de dollars.

Plusieurs parlent déjà d’achat de vote en guise d’accusations. De nombreux dirigeants dénoncent l’offre de 20-40 millions de dollars par association membre, comme une forme de “chantage financier” ou “d’achat de soutien”.

Ce qui surprend dans la forme est que, Gianni Infantino a fixé un ultimatum au 19 septembre. Afin que, toutes les fédérations membres soutiennent le projet, s’ils veulent toucher ces fonds dès le mois de janvier 2027.

L’essentiel à retenir, Gianni Infantino veut absolument transformer la gestion commerciale du football mondial ; en une entreprise privée cotée, ou financée par des fonds spéculatifs.

Si la Fifa indique qu’elle contrôle encore les règles sportives. Il est suffisamment clair, que la frontière entre “affaires” et “football” risque d’être définitivement brisée, si jamais ce projet passe le vote de septembre prochain.

C’est une affaire à suivre avec la plus grande attention. Car, l’avenir du football mondial en dépend…

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