vendredi, octobre 16, 2026

C’est un feuilleton qui risque de durer encore longtemps. Le divorce entre la Fédération Camerounaise de Football et le Coq sportif, l’équipementier des sélections nationales depuis 2020 est désormais inéluctable.

Tout est parti d’un coup de sang du président de la Fédération Camerounaise de Football Samuel Eto’o, annonçant la fin, après la Coupe d’Afrique des Nations féminine qui se disputait au Maroc, du contrat qui liait l’instance qu’il dirige au Coq sportif. Surprise par la démarche qu’elle juge pour le moins cavalière, la marque française tente par courriers successifs de faire entendre raison, à son partenaire avec lequel elle était en contrat jusqu’au 31 Décembre 2023. Rien n’y fait…

La Fécafoot poursuit le processus de sélection d’un nouvel équipementier, et annonce que 3 candidats ont été « shortlistés ». Il faut dire que le temps presse. La coupe du monde de football pointe à l’horizon, et avec elle, la visibilité planétaire qu’elle offre aux annonceurs et équipementiers. Le coq sportif qui a signé son contrat avec la Fécafoot au moment où très peu de candidats se bousculaient au portillon, compte tenu de l’image plus que dégradée de la sélection fanion, les Lions indomptables, se sent flouer, voit ainsi lui filer sous le nez le pactole d’une communication à l’occasion du plus grand événement sportif du monde.

Seulement entre-temps Samuel Eto’o, star planétaire est passé par là. Son élection à la tête de la Fédération Camerounaise de Football le 11 décembre 2021 a changé la donne. Lui-même sous contrat avec PUMA, l’équipementier des heures glorieuses des Lions Indomptables, et qui a été remplacé justement par le Coq sportif, a flairé le bon filon et se tient en embuscade. Il est important de souligner que Samuel Eto’o est lui-même une marque à part entière.

Le clash était donc prévisible, mais pas inévitable. Les deux parties auraient pu trouver un terrain d’entente, et négocier une rupture de contrat à l’amiable. Mais, c’était sans compter avec le caractère volcanique de l’ancien goleador, et capitaine des Lions Indomptables du Cameroun, qui ne recule jamais devant l’obstacle, et ne s’embarrasse pas de formule diplomatique pour parvenir à ses fins. Dès lors, le Coq sportif affirme n’avoir d’autre choix, que d’ester en justice où il espère une réparation du préjudice qu’il affirme avoir subi, estimée à près de 10 milliards de francs Cfa. Cette affaire n’est pas sans rappeler, la rupture brutale du contrat de l’ancien entraineur-sélectionneur des Lions Indomptables Antonio Concecao.

Lui aussi, a saisi la justice pour rupture abusive de contrat, et il a obtenu gain de cause, puisque la Fédération Camerounaise de football devra lui verser la rondelette somme de près d’un milliard de francs cfa.  Cet argent aurait de toute évidence pu servir à autre chose, lorsqu’on connait le programme ambitieux de l’actuel président de la Fécafoot, pour « Redonner au football camerounais sa grandeur ». Certes, l’on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs, mais un autre adage avance qu’un mauvais arrangement vaut toujours mieux qu’un bon procès.  

Dans tous les cas, le nouvel équipementier qui sera sans doute Puma (Samuel Eto’o fut l’ambassadeur de la marque pendant de longues années), sera connu dans les prochaines semaines. Il faut espérer que l’opacité qui a entouré les contrats précédents avec ces équipementiers, ne sera plus de mise. L’opinion pourra alors savoir si le bras de fer engagé, en toute connaissance de cause, semble-t-il, par Samuel Eto’o valait la peine.

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