La problématique sur le développement du football africain est un véritable casse-tête chinois. D’incessants programmes en théorie, d’énormes capitaux déboursés sans effets concrets. Pourquoi le football africain peine-t-il à décoller malgré les multiples dotations financières ?

Le ventre mou du football africain refait surface, après la participation du continent à la Coupe du Monde des clubs 2025. Un an avant le mondial 2026, la Can féminine (5-26 juillet 2025) entre autres compétitions ; le football africain est en souffrance dans son organisation, sa structuration et son fonctionnement. Les seules comparaisons avec ce qui se voit ou se fait ailleurs déterminent clairement les écarts. Ce nouveau cri de révolte s’inscrit dans un ordre formel : absence de rigueur liée aux questions de gouvernance, des conflits permanents au sein des fédérations nationales, écarts grandissants exceptés quelques coups d’éclat comme cela a été vécu au Qatar 2022, avec pour mention cette évolution en dents de scie, impuissance de la Fifa-Caf à sanctionner et à appliquer strictement les règles élémentaires consignées dans les textes, la misère, la pauvreté qui gagnent du terrain dans le football africain, la fuite des talents entre autres ; dressent ce tableau sombre du football continental.
Pourtant, l’Afrique dispose des talents en nombre. Le véritable problème est celui des responsables de l’activité, qui s’intéressent plus à eux-mêmes qu’aux acteurs de premier plan. Du moins, ils sont majoritaires sur ces cas, et ceux qui font exception à l’échelle africaine.
Ces procédés du mauvais genre enchaînent les performances des acteurs globalement. Où vont les financements de ce football africain, qui bénéficie des mêmes avantages que les autres Confédérations à travers le monde ?
C’est sans doute l’occasion de jeter un coup d’oeil sur certains aspects qui concernent ces projets de développement.

Le duo Fifa-Caf s’organise dans le but d’accorder des facilités de développement au football. L’Afrique n’est pas en marge des options en vigueur. Au contraire, on s’emploie malgré ces réserves. Celles qu’on émet du football continental, peine à se déployer dans l’esprit du développement. Douloureusement, les réalisations ne sont pas toujours perceptibles au regard de ce qui est mentionné au départ. Un cas atypique à cet effet renvoie essentiellement au “programme Caf Impact pour promouvoir une bonne gouvernance financière, les compétitions de jeunes et les actions communautaires avec ses associations membres” cette nouvelle trouvaille remonte au 17 juin 2025.
L’idée qui jaillit ainsi, vise à améliorer la transparence et la responsabilité dans l’usage des fonds mis à disposition des associations membres. Pour s’assurer un développement durable et une compétitivité renforcée du football africain au niveau mondial.
À travers cette introduction, on s’aperçoit sans grand effort que la Caf elle-même s’accorde simplement sur ces écarts suffisamment graves, qui plombent sérieusement l’émergence du football africain, par rapport au reste du monde.
La Caf voudrait renforcer les capacités des associations membres, en optimisant la gouvernance financière, en dynamisant le développement des compétitions de jeunes, en soutenant la croissance globale du football. La Caf s’engage à implémenter une administration intègre et ciblée des ressources financières. Pour la Caf, il faudrait “Encourager et accompagner la bonne gouvernance des fonds alloués au football en Afrique pour que leur gestion éthique et responsable rende possible le développement du football africain.” (3è axe stratégique majeur du programme Caf Impact).
Concrètement, la Caf versera une enveloppe financière à chaque fédération, pouvant aller jusqu’à 1,6 million dollars Usd, sur une période dit-on de 4 ans. Ces fonds soutiendront en principe le football féminin, développement du football jeunes et leurs compétitions, les compétitions du football scolaire, la formation des entraîneurs, arbitres et les frais opérationnels.
Tout est dit en raccourci, pour pointer du doigt l’absence d’une gouvernance responsable qui fait défaut dans les fédérations africaines globalement.

En revisitant le programme Fifa Forward depuis sa création en 2016 (Fifa Forward 1.0), on se pose des questions sur les réalisations concrètes à l’échelle africaine. Pourquoi les choses sont si mystérieuses, pour qu’on ne perçoive pas clairement, à quoi servent les finances débloqués ? Il y a lieu d’interroger le sérieux des experts de la Fifa, qui ont pour rôle ; de superviser et de rendre fidèlement compte des réalités sur le terrain. On dit mais on ne voit pas, on ne sait pas, on ne communique pas pour informer la presse et autres relais d’information sur ces questions sensibles et importantes. Pourtant, les grands axes de ce Fifa Forward concernent les aspects suivants : plus d’investissement ; plus d’impact ; plus de supervision demeurent un mythe profond pour les âmes bienfaites et sensibles au déshonneur.
Il a été mentionné en 2016 au sujet des aspects financiers que chaque association membre percevra 6 millions de dollars USD pour quatre ans. Un montant supplémentaire de 1 million de dollars USD sera en même temps versé aux fédérations qui ont un revenu annuel inférieur à 4 millions de dollars USD. Ceci servira à assurer le déplacement des équipes nationales et l’achat des équipements. Le rapport et audit du Fifa Forward 1.0 est jusqu’ici inconnu, enterré du public ordinaire. La Fifa dit ceci : “l’administration de la Fifa contrôle la mise en œuvre des projets, leur héritage et leur impact.” De façon explicite et claire ; qu’en est-il de cette belle littérature et sa conformité aux données recueillies ? Pire, on interroge le sens profond du procédé suivant : “des audits financiers des fonds provenant du programme Forward sont effectués par des sociétés indépendantes pour chaque association.” La crédibilité du processus se heurte une fois de plus au contexte actuel, marqué par l’absence de réalisations effectives dans plusieurs fédérations nationales africaines. Ce programme Fifa Forward 1.0 a pris fin au 31 décembre 2020. Son bilan est méconnu des curieux assoiffés de vérité et de réalisations concrètes.

La Fifa dans sa communication informe l’opinion ; qu’à la suite du succès enregistré par les deux premiers cycles de son fameux programme quadriennale (Forwards 1&2), le programme Fifa Forward 3.0 a selon elle débuté au mois de janvier 2023. Dans son éternelle propagande, la Fifa mentionne que les financement seront inédits et qu’elle apportera un soutien aux projets de développement du football à travers le monde. Ce programme qui court jusqu’en fin 2026 a prévu une augmentation de 30% d’après les indications fournies par la Fifa.
Ce sont des chiffres qui émerveillent à la simple évocation. La Fifa parle du contrat d’objectif à atteindre comme préalable. Lequel engage celle-ci à chaque association membre. Curieusement à l’échelle africaine, on s’interroge à fond !
Lorsque Gianni Infantino, Président de la Fifa proclame : “Avec le programme Forward, la Fifa a ouvert une nouvelle ère en matière de développement du football mondial. Nous devons absolument renforcer nos efforts et ainsi poser des fondations toujours plus solides pour favoriser la croissance du football.”
Ces propos sont en déphasage réel avec le vécu quotidien du football africain. Sans doute que cela marche ailleurs dans les autres Confédérations. C’est peut-être la rigueur manageriale implémentée là-bas, qui détermine le succès lors des compétitions mondiales. La maigreur des résultats en Afrique se justifierait aussi par ces nombreux gestes désolants, qui vraisemblablement plombent le bonheur attendu.

Brièvement, l’épanouissement complet du football africain dépend du sérieux de ses dirigeants. La condition indispensable au succès passe forcément par l’éloignement du vice et les écarts qui vont avec. Jamais, on ne fera une chose et son contraire, aux fins d’aboutir à la satisfaction. C’est une simple affaire de conscience morale qu’on suggère à cet effet…





















