vendredi, octobre 16, 2026

Le mondial Dames 2023 se poursuit en Australie/Nouvelle-Zélande. Parmi les équipes qualifiées au tour suivant (quart de finales), ne figure aucune sélection du continent africain. Cette désolation certaine, pousse logiquement, à réfléchir sur les raisons profondes de ces éliminations. D’autant, que le continent africain disposait de possibilités, pour faire mieux en termes de prestations. On se consolera néanmoins, de ces présences en huitième de finales. Que retenir au bout du compte ?

L’appétit venant en mangeant, les représentantes du continent africain ont fait curieusement, rêver l’ensemble des publics. L’espoir d’aller plus loin, que l’étape des huitième de finales, devenait au fil des jours, une obsession particulière. Ce qui relève par ailleurs d’un vif sentiment humain, et d’un droit inaliénable.

La dure réalité des choses se présente désormais autrement, fort malheureusement. Ce sont les aléas de la compétition, avec cette grande marque d’incertitudes, qui l’imposent ainsi. Aucun autre choix n’est plus possible, qu’admettre ses limites.

En revisitant les différentes rencontres des équipes africaines, à cette étape de compétition (huitième de finales). L’on se mord considérablement les doigts, faute, de n’avoir pas exploité certains avantages réels. Et, manifestement d’être passés à côté des objectifs prioritaires, essentiels pour accéder à l’étape suivante. Dommage, le verdict prononcé ne saurait taire toutes ces autres évidences troublantes.

. Rétrospective

Elle concerne justement, les matchs des africaines (huitième de finales) :

-Pays-Bas (2) vs (0) Afrique du Sud

C’est la rencontre, qui malencontreusement ouvrait le bal des échecs. Il est bien vrai, qu’avant le début de cette rencontre, les africaines ne partaient pas favorites. L’on a tôt fait, d’observer sur le théâtre des opérations, qu’elles étaient en mesure, d’opérer l’agréable surprise.

Inefficacité et absence de réalisme ont décidé finalement, sur l’issue du match. L’impression qui s’est dégagée, fait dire des Banyana Banyana (Afrique du Sud), qu’elles ont encore, beaucoup à apprendre dans ce type de tournoi.

Les statistiques indiquent à l’effet :

Buts (Pays-Bas, J. Roord 9’/L. Beerensteyn 68′) ; tirs réussis (Pays-Bas 6/14 tirs effectués) vs (Afrique du Sud 7/13 tirs effectués) ; possession de balle (Pays-Bas 70% vs 30% Afrique du Sud) ; passes réussies (Pays-Bas 82%/666 passes effectuées) vs (Afrique du Sud 60%/277 passes effectuées) ; corners (Pays-Bas 6 vs 5 Afrique du Sud).

Cet échec est une douleur profonde, pour ceux, qui y croyaient fermement. Tout n’a pas été triste lors de ce tournoi. Voilà pourquoi, on se consolera simplement, de cette performance inédite. Celle jamais réalisée, par cette même équipe, accède pour la première fois, au second tour (huitième de finale) d’un mondial.

-Angleterre ( 4 tirs au but) vs (2 tirs au but) Nigéria

Ce match restera dans les mémoires éternellement. Malgré l’infériorité numérique de l’équipe anglaise (A. Russo 87’/carton rouge), le succès a tourné le dos au onze nigérian. Pourtant, cette équipe détenait les cartes du succès, en vue de s’assurer la victoire finale.

Au comble du malheur, après les prolongations (Angleterre 0 vs 0 Nigéria), la fatidique échéance des tirs au but, venait douloureusement, mettre fin à l’aventure des Super Falcons (Nigéria) dans ce tournoi.

Les statistiques énoncées révèlent, ce qui suit :

Tirs réussis (Angleterre 4/12 tirs effectués) vs (Nigéria 2/20 tirs effectués) ; possession de balle (Angleterre 57% vs 43% Nigéria) ; passes réussies (Angleterre 77%/550 passes effectuées) vs (Nigéria 69%/404 passes effectuées) ; carton (Angleterre 1 carton rouge vs 0 carton Nigéria) ; corners (Angleterre 6 vs 5 Nigéria).

Des regrets en masse, cette élimination du onze africain a profondément déçu. Au-delà de tout, on retiendra l’essentiel d’une équipe exceptionnelle. Elle n’a pas perdu de match tout au long du tournoi, exceptée cette dernière rencontre.

-France (4) vs (0) Maroc

Le miracle ne s’est pas produit, à la fin de ce match. On a pensé un tant soit peu, à un sursaut d’orgueil des africaines, qu’elles sauveraient, les autres équipes du continent, déjà éliminées. Un voeu pieux, qui ne se réalisera jamais. Aussi, que la défaite concédée ce jour (08 août 2023), est un châtiment assez violant.

Les données de cette rencontre, renseignent sur ces points :

Buts (France, K. Diana 15’/K. Dali 20’/E. Le Sommer 23’&70′) ; tirs réussis (France 5/15 tirs effectués) vs (Maroc 0/1 tir effectué) ; possession de balle (France 76% vs 24% Maroc) ; passes réussies (France 82%/648 passes effectuées) vs (Maroc 47%/215 passes effectués) ; cartons (France 0 vs 1 Maroc) ; corners (France 0 vs 1 Maroc).

Les autres détails se passent de tout commentaire. D’autant, que la revanche attendue n’est pas arrivée. Celle de l’équipe masculine vaincue auparavant, lors du mondial qatarien (2022), par la France. Des leçons sont à tirer, pour ce qui renvoie, à cette première expérience de compétition. Tout n’a pas été mauvais dans l’ensemble. C’est bien, ce qui apaise simplement les coeurs présentement.

. Bilan chiffré

En 15 matchs disputés, les équipes africaines ont inscrit 14 buts (comme à l’étape des Groupes), concèdent 31 buts au total. Dès-lors, la moyenne de buts inscrits s’élève à 0,93 but/match, la moyenne de buts concédés est de 2,06 buts/match.

Ces chiffres n’honorent pas dans l’ensemble. Ils indiquent, qu’il y a encore, de gros efforts à fournir.

. Particularités

La prestation de footballeuses africaines, à l’issue dudit tournoi mondial, fait rejaillir la sempiternelle question de traitement salarial (hommes-femmes). Les arguments brandis, suffisent clairement, à reconsidérer dans la pratique, ce qui pose problème.

Un coup de gueule, en direction des administrations de ce football africain. L’histoire indique désormais, que l’on prenne essentiellement en considération, les performances réalisées par toutes ces différentes équipes nationales.

Des exemples suffisamment édifiants, renvoient à ce que, le onze masculin zambien, n’a jamais pris part à une phase finale de Coupe du Monde. Honneur aux Dames !

C’est tout le contraire avec les Dames, ont été présentes à ces tournois majeurs en football. Aussi vrai, que les Banyana Banyana (Afrique du Sud), en deux participations à une phase du mondial (France 2019/Australie & Nouvelle Zélande 2023), ont franchi le cap de la phase des Groupes. Pour ainsi, livrer un huitième de finale.

Les hommes quant à eux, ont à chaque occasion mordu la poussière, puis sortis du tournoi simplement au premier tour (1998, 2002 et 2010).

Toutes ces performances suffisent à présent, pour que l’on instaure forcément, l’égalité dans le traitement (hommes-femmes). Ces équipes féminines ont connu des grèves, avant le début de ce mondial (excepté le Maroc). Cette situation pourrait largement, justifier ces performances en demi-teinte.

Probablement, qu’elles auraient mieux fait, si et seulement si, les conditions optimales d’une bonne préparation avaient été mis en avant.

. Questionnement

Il renvoie aussi, à ces retombées de compétitions, qu’organise la Fifa. Elles font tout le temps, couler beaucoup d’encre et de salive. La Fifa a déclaré bien avant l’entame du mondial, les montants des dotations de divers ordres, dont les primes liées aux performances.

Elle (Fifa) indique, que chaque pays participant recevra 110 millions Usd. En plus, les équipes engagées dans ce tournoi, recevront chacune 30,7 millions Usd pour la préparation. Aussi, les clubs ayant libéré leurs joueuses, récolteront la somme de 11,5 millions Usd (par joueuse).

Cette autre préoccupation interroge aussi, sur ces autres engagements pris par la Fifa. Elle a révélé au grand public, que de sommes importantes d’argent allaient, directement atterrir dans les comptes de joueuses, retenues pour ce mondial 2023.

Une innovation selon ses auteurs, qui indiquent de cette dotation en direction des joueuses, qu’elle sera d’au moins 1,56 millions Usd (1,46 millions d’euros), pour chacune des 32 équipes qualifiées (736 joueuses retenues).

De façon détaillée, il est dit à l’effet, qu’à chaque étape de compétition, les joueuses percevront chacune les sommes suivantes : 30,000 usd (1er tour) ; 60,000 usd (huitième de finale) ; 90,000 usd (quart de finale) ; 165,000 usd (4è place) ; 185,000 usd (3è place) ; 195,000 usd (2è place) et 272,000 usd (1è place).

La matérialisation effective de tous ces engagements, est minutieusement scrutée par le public. Il ressort, que la Fifa redistribuera pour ce mondial, la bagatelle somme de 152 millions usd (141,8 millions d’euros). À titre de rappel, la Fifa a auparavant reversé ; trois fois moins d’argent, dans ce même cadre (mondial dames/France 2019), et dix fois moins d’argent (mondial Canada/2015).

En théorie, cette multiplication de dotations, en direction des actrices du football est bonne. Ce qui fait plaisir et motive, à appartenir au cercle très fermé de bénéficiaires. L’Afrique à travers ses joueuses, n’est guère l’enfant pauvre de ces opérations financières. Au contraire, toutes ces équipes engagées, tireront d’importants bénéfices, de cette expédition acceptable dans l’ensemble.

. Nécessités

L’option en rapport avec ces différents gains, dépendra une fois de plus, des responsables du football continental. Ils ont l’obligation formelle, de mieux structurer l’activité, à l’échelle des fédérations.

En outre, le rapport 2022 de la Fifa interpelle. C’est une étude sur le football féminin, renseigne des footballeuses, qu’elles perçoivent 14,000 Usd (13,000 euros)/salaire annuel en moyenne. Le football africain accuse clairement, un retard considérable, sur ce volet salarial. Il est très en deçà de ces chiffres, qui s’améliorent pourtant ailleurs au fil des temps.

De toutes les manières, l’impasse dans laquelle se situe ce football féminin en Afrique, doit simplement, s’inspirer de la bonne réflexion. Les idées claires, et la stratégie bien élaborée sont dès-lors, à prioriser comme options.

Il importe à l’issue de cette compétition, que l’on tire les vraies leçons. Cette attitude concerne, l’ensemble des fédérations nationales du continent africain. Des progrès sont effectués. Mais, ils restent insuffisants, pour combler ces nombreuses attentes. Elles sont à combler dans l’urgence. Le retard pris depuis fort longtemps, n’arrange pas jusqu’ici les exigences. À chacun de prendre ses responsabilités. Car, il est temps, de véritablement suivre l’évolution ultra-rapide du football mondial…!

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