Dos au mur dans le froid réalisme des phases de Groupes, les grandes nations de football se reconnaissent à leur capacité à dompter le chaos du moment critique. C’est précisément ce qu’a accompli le Sénégal à Toronto, en signant face à l’Irak 5-0, la plus large victoire historique d’une équipe nationale africaine au cours des Mondiaux. Qu’en est-il du contexte et la problématique autour de cette rencontre épique ?

Après deux revers initiaux inquiétants face à la France et à la Norvège, les hommes de Pape Thiaw n’avaient d’autre choix, que de réaliser un festival offensif, pour espérer s’extirper du Groupe I, par la petite porte des meilleurs troisièmes.
Pourtant, cette démonstration face à un adversaire réduit à dix dès le premier quart d’heure interroge autant qu’elle émerveille !
. Contours du match et Enjeux
Le match s’est déroulé au Toronto Stadium du Canada dans une atmosphère de haute tension. Après deux défaites face à la France et la Norvège dans le Groupe I, les deux équipes jouaient la survie.
-L’enjeu, pour le Sénégal, il ne fallait pas seulement gagner. Il fallait s’imposer par un très large score, pour soigner la différence de buts (+2), et espérer figurer parmi les 8 meilleurs troisièmes qualifiés pour les 16è de finale ;
-Le tournant, dès la 4′, Habib Diarra ouvre le score. À la 13′, le défenseur irakien Rebin Sulaka écope d’un carton rouge après révision VAR, pour faute sur Sadio Mané. Réduit à 10, l’Irak plie mais ne rompt pas avant la pause 1-0.
En seconde période, le coaching de Pape Thiaw débloque le festival. Ismaïla Sarr 56′, un doublé magnifique de Pape Gueye 59′, 71′, et un dernier éclat d’Iliman Ndiaye 82′ scellent le score.
. Forces et Faiblesses du Sénégal
Forces
-Profondeur de banc et Coaching gagnant, les entrées combinées à la 56′ de Pape Gueye double buteur et Iliman Ndiaye buteur, ont dynamité la défense irakienne ;
-Efficacité et Puissance retrouvée, avec des frappes lourdes et lointaines, notamment une réalisation de Gueye flashée à 132 km/h, l’attaque a fait preuve d’une agressivité clinique en seconde période ;
-Entrée de match idéale, marquer dès la 4′ a permis d’évacuer immédiatement la pression psychologique du couperet.
Faiblesses
-Manque de créativité face aux blocs bas en 1è mi-temps, malgré leur supériorité numérique dès la 13′, les Lions ont buté durant plus de 30′ sur le rideaux défensif d’un Irak regroupé, peinant à emballer le rythme avant la pause ;
-Dépendance au destin, en n’engrangeant que 3 points sur l’ensemble de la phase des Groupes, l’équipe paie ses errances passées et dépend des résultats des autres Groupes, pour connaître son avenir.

. Perspectives
Le Sénégal entre dans l’histoire en signant la plus large victoire d’une nation africaine en phase finale du Mondial.
Provisoirement installé en bonne position parmi les meilleurs troisièmes, le destin des Lions de la Teranga n’est plus entre leurs mains. Mais, l’élan psychologique d’un tel score 5-0 offre un boost de confiance inestimable en cas de qualification pour les 16è de finale.
. Les notes individuelles attribuées aux Lions de la Teranga sur 10 points
Diaw 7.0, Diata 8.1, Seck 7.0, Niakhaté 7.4, Jakobs 7.1, Diarra 8.1, Gueye 9.0, Camara 8.3, Mbaye 6.4, Sarr 8.3, Mané 7.2, Pape Gueye 9.6, Ndiaye 8.4, Jackson 6.9, Ciss 6.5.
La moyenne générale de l’équipe est de 7.6/10.
En définitive, le triomphe 5-0 contre l’Irak est le théâtre d’une double libération. Celle d’un banc de touche décisifs porté par l’impact immédiat de Pape Gueye, et celle d’une efficacité offensive retrouvée au meilleur des moments.
Le Sénégal a rendu une copie mémorable, transformant une obligation de victoire en une démonstration de force historique.
Toutefois, le football de très haut niveau ne tolère pas les retards à l’allumage. Et, c’est suspendu aux postes de radio et aux tablettes de calcul de la Fifa que les Lions de la Teranga attendent de savoir si le score fleuve suffit à leur ouvrir les portes des 16è de finale.
Si la logique mathématique leur sourit, une question cruciale subsiste : cette équipe a-t-elle les armes pour reproduire cette folie offensive face aux géants du football mondial à onze contre onze ?…





















