vendredi, octobre 16, 2026

La Fifa a publié le quatrième rapport d’évaluation comparative du football féminin à l’échelle mondiale. Il se dit que, c’est une étape historique dans la compréhension scientifique et institutionnelle de ce football féminin. Ce document met désormais l’accent sur l’ensemble des 211 fédérations nationales affiliés à la Fifa. La place de l’Afrique dans cet écosystème global mérite un regard appuyé. Qu’en est-t-il concrètement ?

Il s’agit concrètement d’un projet de recherche d’envergure mondiale. Lequel vise à fournir aux différentes Ligues du football féminin et à ces clubs qui en font partie des outils essentiels de façon à se comparer à leurs pairs.

Ce rapport s’articule autour de trois axes majeurs :

Dresser un tableau et surveiller le paysage des clubs ainsi que les Ligues. Aussi, il est question d’améliorer les processus de prise de décision. Enfin, aider à créer des programmes sur mesure.

Les associations, Ligues et clubs ont été classés en trois catégories. La catégorie 1 indique le plus haut niveau de professionnalisation. Le niveau 3 est celui inférieur, pendant que le niveau 2 relève de l’intermédiaire.

Tout s’articule considérablement autour des axes suivants :

Aspects sportifs, gouvernance, finances, supporters, données et numérique, joueuses.

Des points essentiels sont à relever dans ce rapport à titre comparatif :

86 Ligues sont concernées contre 34 avant, 669 clubs contre 316 précédemment.

22% de femmes assument les fonctions d’entraîneures principales. Ce qui lance un défi d’augmenter le bassin des entraîneures qualifiées à l’échelle mondiale.

68% des Ligues 1 ont un sponsor principal, contre 43% au niveau 2 et 42% au niveau 3. Il y a eu 75-80% d’octroi de licences aux clubs de niveaux 1 et 2, contre la moitié au niveau 3.

85% des clubs niveau 1 fonctionnent à perte ou à l’équilibre, contre 87% niveau 2 et 93% niveau 3. Ce qui interpelle sur la nécessité d’investissements accrus et continus.

Le salaire brut moyen des joueuses s’élève à 24,030 USD/an, tandis que la moyenne s’établit à 10 900 USD/an. D’où un sérieux décalage.

Pour ce qui concerne les diffusions. Sur le plan national, le niveau 1 enregistre 91%, contre 57% au niveau 2 et 32% au niveau 3. Sur le plan international, le niveau 1 enregistre 45%, niveau 2 a 7% et le niveau 3 situe à 8%.

Voilà quelques indications sur ce 4è rapport comparatif de la Fifa sur le football féminin.

Au regard des données recueillies, il est suffisamment clair que les exigences suivantes sont au coeur des préoccupations à l’échelle africaine.

. Aspects sportifs

Il importe sur ce volet que l’on mette un accent particulier sur les championnats et les compétitions, l’utilisation des technologies, l’accès des clubs à des installations, à des structures de football de jeunes. Ce qui permettrait d’améliorer les performances réelles sur le théâtre des opérations.

. Gouvernance

Il serait judicieux que les indicateurs relatifs à la gouvernance des organisateurs de championnats et des clubs, à leur dotation en personnel, puis à leurs accords commerciaux.

. Aspects financiers

Il est nécessaire d’avoir des produits et charges d’exploitation pour les clubs, organisateurs de championnats. Le résultat global qui concerne les pertes et gains, sans oublier les subventions perçues sont à considérer.

. Supporters

Le niveau d’affluence, l’initiative des stades, du prix des billets d’accès, des accords avec les diffuseurs, l’utilisation des réseaux sociaux sont à mettre en avant.

. Données et numérique

La maturité d’utilisation des données et du numérique dans les activités commerciales, les interactions avec les supporters sont nécessaires en vue des performances sportives.

. Joueuses

Il est indispensable de tenir compte de la représentation des joueuses, des normes et des contrats, sans oublier les prestations de santé, de bien-être au sens large qui leur sont proposées.

Ces recommandations figurent dans l’objectif stratégique point Numéro 8 de la Fifa, horizon 2023-2027.

En somme, la réalité africaine s’inscrit dans cette hiérarchie avec des particularités notables.

Il faut nécessairement réfléchir sur comment rompre avec la dépendance accrue aux mécanismes de régulation. Ceci, pour pallier les déficits d’investissements privés.

Le succès du football féminin en Afrique passe justement par une approche intentionnelle et fondée sur les données. Il n’est plus question d’une gestion intuitive, mais d’un passage à une gestion professionnelle.

La trajectoire est une fois de plus tracée, malgré les obstacles économiques réels…

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