vendredi, octobre 30, 2026

La Confédération africaine de football, Caf, a tenu une session de son comité exécutif le 29 octobre 2026, selon son service de la communication. Il ressort en gros que, la Coupe d’Afrique des Nations masculine se jouera à nouveau tous les 2 ans, d’après la résolution prise par ledit comité exécutif. Des tergiversations à n’en point finir, il n’est pas exagéré d’interroger le sérieux d’une telle gouvernance. Que révèle ce paradoxe ennuyeux ?

À force de vouloir danser en même temps sur les scènes feutrées de la Fifa à Zurich et les gradins bouillonnants du continent, la technocratie du football africain vient de se prendre les pieds dans son propre tapis.

En annonçant le retour à une Can tous les deux ans, à peine un an après avoir juré sur la tête de tous les saints, que l’avenir appartenait au rythme quadriennal. La Confédération africaine de football, Caf, a offert bien plus qu’un simple revirement calendaire.

C’est simplement un aveu de faiblesse grandeur nature. Derrière la rhétorique lyrique de la communication panafricaine, et de la protection de ses 54 associations membres se cache une vérité beaucoup plus prosaïque.

Entre la fausse bonne idée d’une Ligue des Nations importée hors-sol et la panique financière d’un système qui ne vit que par son unique vache à lait, le “totem” de la Can a dicté sa loi.

Tout voyage au cœur des contradictions d’une gouvernance qui pilote à vue, l’âme est suspendue entre les caprices du marché global et la peur panique du lendemain.

Il est ordinairement admis que, le calendrier d’une instance sportive internationale est bien souvent le miroir de ses contradictions politiques et de ses fragilités économiques.

La décision prise par la Caf ce 29 octobre 2026, de rétablir le format biennal de la Coupe d’Afrique des Nations Masculine, illustre à elle seule ; le vertige d’une institution prise au piège de ses propres réformes.

En voulant s’émanciper d’un modèle traditionnel, pour épouser les standards modernes de rentabilité. L’organisation s’est cruellement heurtée au mur des réalités financières, et à la fronde d’un écosystème incapable de se passer de son produit phare.

Plus qu’un simple ajustement de dates, ce spectaculaire rétropédalage interroge la capacité réelle du football africain à penser son autonomie stratégique, loin des influences exogènes et des paniques conjoncturelles.

Ce feuilleton institutionnel démontre que la Caf reste prisonnière d’un paradoxe insoluble.

Elle veut jouer dans la cour des grands empires financiers, tout en dépendant de la survie immédiate de son tournoi historique.

En sauvant la Can par pragmatisme politique, l’instance faîtière du football africain, Caf, s’évite une crise sociale majeure auprès des supporters et des fédérations locales. Mais, elle hypothèque sa crédibilité à long terme.

Tant que la gouvernance continentale se contentera de gérer l’urgence, au lieu de bâtir une vision structurelle autonome. Le football africain continuera d’avancer masqué, condamné à slalomer entre les crises, les pressions extérieures et le mirage des lendemains qui chantent.

En définitive, le retour de la Can à un rythme bisannuel referme provisoirement la parenthèse d’une technocratie hors-sol, qui croyait pouvoir réécrire l’ADN du football africain par simple décret providentiel.

Mais, cette victoire du bon sens populaire ne doit pas masquer les failles structurelles de l’institution.

Entre un calendrier mondial qui continue de dicter sa loi, comme le prouve déjà la zone d’ombre de 2030, et l’absence d’alternatives économiques viables. La Caf a gagné du temps, pas une stratégie efficace et louable.

Le totem de la Can après deux ans a survécu. Mais, le navire navigue toujours sans boussole fixe. Quel malheur attristant pour le football africain, meurtri fort douloureusement et dangereusement par les siens !…

Visits: 52 | Today: 52 | Total: 712360

0 Comments

Leave a Comment

SUIVEZ NOUS

LINKEDIN

YOUTUBE

NOS PARTENAIRES