La gouvernance du football africain questionne suffisamment. De la consigne à la contrainte ; la fabrique du vote unanime au sein de la Confédération africaine de football fait craindre le pire. L’assurance verbale étouffe considérablement la démocratie sportive. L’unanimité confisquée, les coulisses d’une stratégie de pouvoir à la Caf pouffe de rire. Ce mécanisme d’alignement est une ironie marquante. On s’étonne de la gouvernance en vigueur et la souveraineté électorale. Ce qui vraisemblablement s’oppose radicalement au concept d’unanimité auto- proclamée dans le football africain. La situation actuelle convoque essentiellement une analyse du discours de représentation au sein de l’instance du football continental!

Historiquement, la notion d’unanimité lors des opérations des votes n’est pas une simple affaire, qui relève de l’harmonie des positions. D’autant que, cela relève d’un seul individu ou du groupuscule constitué autour de ses propres intérêts, sans tenir compte des nombreuses préoccupations enfouies dans les pensées des autres.
C’est aussi curieux et gravissime, qu’une instance décide unilatéralement à travers des annonces rassurantes ; l’adhésion sans réserve des cinquante-quatre membres affiliés en son sein.
Le décalage survient pourtant, avant même l’ouverture officielle d’un scrutin à bulletin secret. Cette attitude va au-delà d’un simple cadre de la consigne diplomatique.
Une telle démarche s’inscrit dans le cadre d’une captation préventive, celle liée à la souveraineté électorale.
La grossièreté d’une telle démarche d’ériger un alignement stratégique en un fait accompli, suite à un discours officiel transforme douloureusement cet agrégat de volontés individuelles en un bloc sans différence.
La proclamation d’un tel discours sur le consensus jusque-là introuvable, sert véritablement d’outil de verrouillage politique, et porte sur une sorte de négociation internationale sans grande assurance formelle pour la suite !
Lorsqu’on clame hautement que tout le monde est d’accord, alors qu’aucun membre n’a encore désigné sa préférence. Chacun sait pertinemment, que cet artifice est aussi ancien que son introduction dans les milieux politiques. On ignore à l’effet que, son efficacité est très souvent limitée voire redoutable.
Cela est une comédie larmoyante, lorsqu’une voix autorisée décrète unilatéralement le soutien “inconditionnel” d’un continent entier. On ne tient pas compte des réalités étouffantes, on impose ses choix opérationnels comme à des gamins de la pire espèce.
Une rhétorique aussi décalée et même maladroite sur un consensus forcé n’est ni plus ni moins ; qu’un gros piège sur son propre chemin. Tout débat de fond dans un tel écosystème décousu, où se mêle la moindre dissidence est très mal perçu.
Les dissidences existent pourtant au sein de la grande famille du football africain, quoique les opinions révolutionnaires sont gravement étouffées par les maîtres du mauvais jeu en cours.
Il est inaudible aux yeux du bon sens, qu’un regroupement de cinquante-quatre fédérations nationales, chacune ayant ses réalités singulières soient soumises impérativement et sournoisement à une parole unique !
Pourquoi prendre un type de risque en fabricant l’unanimité et en verrouillant les esprits, pour au bout du compte neutraliser toute opposition. Puis, marchander l’influence d’un continent sur l’échiquier international sans aucune considération majeure pour les vraies options de développement d’un football africain à la peine ?
L’affirmation publique d’un soutien sans faille de l’ensemble des associations membres, comme celui en cours en vue de l’élection présidentielle du 18 mars 2027 à Rabat au Maroc, cela soulève plusieurs enjeux majeurs quant au respect des procédures statutaires et à l’autonomie réelle de ces associations nationales membres.
En définitive, cette usurpation de l’unanimité vise tout simplement une technique d’encadrement stratégique.
Son auteur dans le cas d’espèce croit devancer le choix démocratique par une annonce médiatique fracassante. Question de rendre toute dissidence politiquement coûteuse. Et dans cet élan d’esprit, on consolide son rôle de passeur décisif du leadership auprès des instances internationales.
Centraliser le pouvoir de négociation, cela renforce sa propre assise politique au détriment de l’autonomie des associations membres d’Afrique.
Que c’est triste et ennuyeuse de voir le football africain se retrouver dans un tel état…





















