vendredi, octobre 16, 2026

La désignation du Président de la Fifa n’a jamais été un exercice aussi simple. C’est l’expression courante du baromètre des équilibres économiques et diplomatiques dans le football mondial. L’annonce du 77è Congrès électif à Rabat au Maroc, prévu le 18 mars 2027 intervient dans un climat inédit, depuis les réformes initiées en 2016 justement. Quel est le rôle politique et stratégique du Maroc et l’Union nord africaine de football, Unaf, dans ces opérations électorales du 18 mars 2027 ?

Le Maroc et les fédérations nationales qui composent l’union Nord-Africaine de football, Unaf, jouent un rôle stratégique et occupent une position névralgique dans les rapports de force de la Fifa.

Ce bloc de plus en plus ; ne se limite pas seulement d’apporter sa voix, mais aussi et surtout, est un pont essentiel voire stratégique entre le continent africain, l’Europe et le Moyen-Orient.

–Le Maroc comme épicentre politique

Ce pays est considéré comme “faiseur de roi“, lors des opérations de votes. C’est justement pourquoi, il est l’hôte du prochain Congrès électif à Rabat, le 18 mars 2027.

Ce rôle dans l’organisation du Congrès, donne au Maroc une maîtrise du terrain diplomatique. En recevant 211 associations membres de la Fifa pour le Congrès électif, le Maroc dans une diplomatie offensive pourrait, influencer certains pays, lors des ultimes négociations de coulisses.

L’influence pivot de Fouzi Lekjaa, le Président de la fédération royale marocaine de football, Frmf, et membre du Conseil de la Fifa avait été réélu à l’échelle africaine par un score impressionnant de 49/52 voix.

Fouzi Leekja fait partie des dirigeants les plus puissants de la planète football. Il soutient mordicus Gianni Infantino. Ce qui constitue un pilier de la stabilité du Président sortant à l’échelle africaine.

Le levier du Mondial 2030 est un outil essentiel pour le Maroc. En tant que pays co-organisateur du prochain tournoi mondial avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc incarne en théorie une sorte d’alliance parfaite entre l’Uefa et la Caf.

Possiblement, cette position lui permet de mener toute médiation, lors des tensions entre l’Europe et l’Afrique, en tenant compte des intérêts de chaque Confédération.

–L’Union Nord-Africaine de football, Unaf

C’est un poids lourd au sein de la Confédération africaine de football, Caf. Maroc, Égypte, Tunisie, Algérie, Libye pèsent de manière proportionnée sur la politique globale africaine et internationale.

Les sièges clés au Conseil de la Fifa ; outre le Maroc, l’Égypte est représentée par Hani Abou Rida.

Pour plusieurs analyses, ces deux sièges de l’Unaf sur les six du continent au Conseil de la Fifa, sont non-négligeables, lors des choix stratégiques au compte du football africain.

La capacité finale et le statut de leaders, les fédérations nationales de l’Unaf possèdent des Ligues bien structurées, des infrastructures de qualité aux normes internationales, des budgets les plus élevés à l’échelle du continent africain etc…

Il est possible, que leur choix influence les autres fédérations nationales africaines, qui s’alignent parfois sur les recommandations électorales de l’Unaf !

–Les axes d’alliance géopolitique du bloc Unaf

Il y a le pont vers le Moyen-Orient, l’Afc. L’Afrique du Nord entretient d’assez bonnes relations avec les pays du Golfe, tels ; le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, sur les volets diplomatiques et financiers.

Ce bloc Nord-Africain sert parfois d’union pour des compromis entre la Caf et l’Afc, lors des choix opérationnels décisifs à la Fifa.

Le rôle de régulateur face à l’Uefa, grâce à sa proximité géographique et sportive avec le continent européen, l’Unaf est en mesure de dialoguer directement avec l’Uefa sans passer par l’affrontement frontal, question d’éviter un éventuel schisme institutionnel.

La synthèse du rôle stratégique en 2027, le bloc Nord-Africain emmené par le Maroc, ce dernier agit en tant que le garant de la majorité de Gianni Infantino.

À moins d’une rupture diplomatique brutale d’ici l’ensemble des opérations de vote. Le bloc Nord-Africain reste l’artisan du maintien en équilibre des forces au profit de Gianni Infantino.

Cela n’est pas désintéressé. L’Unaf monnaie sans doute cet appui politique, contre des investissements d’infrastructures, et un poids décisionnel plus accru sur les futures compétitions mondiales.

En somme, au-delà des alliances de circonstance et de la politique des chèques de développement, la crise actuelle démontre que le principe “une fédération =une voix”, atteint ses limites face aux réalités économiques du football moderne.

Si le Maroc et le bloc africain apparaissent aujourd’hui comme les garants de la majorité présidentielle en théorie, le secret de l’isoloir à Rabat pourrait réserver des surprises immenses.

Une chose reste sûre, au lendemain du 18 mars 2027, la Fifa ne pourra plus faire l’économie d’une réforme profonde de ses structures décisionnelles, pour éviter une guerre froide permanente entre les Confédérations.

La véritable épreuve pour le vainqueur sera; de recoudre le tissu institutionnel entre les Confédérations, avant que les velléités de dissidence ne fassent éclater l’équilibre de l’écosystème global…

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