jeudi, octobre 15, 2026

L’affaire Sénégal vs Maroc débutée le 18 janvier 2026 se poursuit dramatiquement. Après le communiqué du TAS (25 mars 2026), la tenue de la conférence de presse de la fédération sénégalaise de football à Paris (26 mars 2026), la présentation du trophée de la Can en marge du match amical Sénégal vs Pérou à Paris (28 mars 2026), puis la tenue du Comité exécutif Caf et la conférence de presse de Patrice Motsepe (29 mars 2026) au Caire. Un tel enchaînement d’événements en un court intervalle de temps suscite moults réactions. Quelle lecture s’applique à ce nouveau feuilleton de la crise ?

Le football africain étouffe profondément depuis le début de la crise née de la finale de Coupe d’Afrique des Nations 2025.

Entre décisions rendues par les organes juridictionnels de la Caf et la saisine du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), par le Sénégal. La tension ne cesse de grimper au quotidien, au point de fragiliser les esprits épris de justice et de paix.

L’on est considérablement sorti du simple volet sportif, pour amorcer les marches qui conduisent à ce vif bras de fer, devenu à la fois institutionnel et diplomatique.

On note à cet effet, une espèce de montée en puissance méticuleusement établie. Elle fait dire de la situation en cours, qu’on est en face d’un feuilleton irréductible.

Cette crise qui tend à ne pas se dénouer au regard de la radicalisation, situe clairement sur un conflit de légitimité.

D’une part, on est plongé dans le droit fondamental à travers ce recours au Tribunal Arbitral du Sport (TAS), d’où on cherche véritablement à rétablir la vérité juridique.

D’autre part, il y a une espèce de symbolique à préserver. La présentation du trophée face au Pérou, puis la conférence de presse de Paris sont des actes relevant d’un levier de puissance inhabituel.

Un enchaînement des faits qui s’inscrit dans une sorte d’internationalisation du conflit, loin de l’Afrique, pour prendre à témoin le monde entier, dans la lancée mettre une pression quelconque sur les instances internationales.

Une guerre d’usure institutionnelle qui pousse certainement à sortir de la neutralité diplomatique.

Aussi, on observe cette forme de communication du fait accompli. En envoyant un message visuel suffisamment expressif, le Sénégal dit simplement que peu importe la procédure, le trophée est entre ses mains. C’est astucieux !

Une manière intelligente de rendre toute décision contraire psychologiquement et politiquement incorrecte voire inacceptable.

Ce timing choisi est d’autant plus crucial, qu’il crée un climat de pression maximale. Il est possible qu’en exerçant une telle démarche, on souhaite évidemment que le dossier du huis clos de la Caf place le Comité exécutif au pied du mur.

Jusque-là, la Caf via son Président Patrice Motsepe s’est retranché derrière l’autorité du TAS, pour éviter de trancher lui-même cette affaire, question d’éviter de se mettre à dos le Maroc ou le Sénégal.

La situation est si préoccupante, qu’une guerre de communication fait rage, dans laquelle chaque partie tient à occuper réellement l’espace, question de rendre sa position irréversible avant que le TAS se prononce en définitive sur cette affaire.

La réaction du Maroc a suivi ce même 28 mars 2026, ceci à l’occasion de la présentation du trophée au Stade de France (Saint-Denis), par l’équipe nationale du Sénégal qui jouait en amical face au Pérou.

Cette attitude du Sénégal a été qualifiée de provocation ou de déni de droit par la partie marocaine.

Le Maroc sur le coup, a amorcé une contre-attaque juridique séance tenante. Il a activé de nombreux leviers pour contester la légitimité d’un tel événement.

Le groupe d’avocats sous la direction de Me Mourad Elajouti a annoncé la présence d’un huissier de justice sur les lieux de l’événement, pour constatation des faits sur place au Stade de France.

Le Maroc a adressé des mises en demeure formelles à la Société d’Exploitation du Stade de France, ainsi qu’au groupe GL Events organisateur de la cérémonie.

Le Maroc compte sur ce volet précis, bétonner davantage son dossier.

Après la tenue du Comité exécutif Caf de ce 29 mars 2026 suivi de la conférence de presse du Président Patrice Motsepe. On retient pour l’essentiel ces aspects préoccupants : qui vont des réformes internes, à un vibrant appel à l’apaisement dans la crise que traverse actuellement le football africain.

Cette session du Comité exécutif Caf était consacrée dès le départ comme celle de la dernière chance, au regard des vives tensions autour de la gouvernance et de la gestion des dossiers sensibles.

Le but premier dès le départ a été selon la Caf elle-même ; de renforcer la crédibilité de l’instance faîtière du football africain, par une réforme absolue de son administration.

Ensuite, de la volonté qu’affiche la Caf à certaines recommandations sur la base du conflit Sénégal vs Maroc.

Il y a eu également la clarification du calendrier des compétitions internationales 2026-27.

Une option est prise, afin de détendre le climat avec les clubs européens sur la question des libérations de joueurs lors des compétitions internationales.

La conférence de presse quant elle, consistituait le second volet des activités de ce 29 mars 2026 à la Caf, en marge de son Comité exécutif.

Cet échange avec la presse s’est articulé essentiellement autour de l’unité, de la transparence avec un point d’orgue : “la souveraineté du football africain.

De l’avis de Président Motsepe ; “la Caf ne peut pas être le terrain de jeu des divisions politiques.” Il a insisté sur le fait que, l’intégrité des compétitions est sa priorité absolue.

Au sujet des réformes, le responsable de la Caf a indiqué qu’une révision des Statuts se fera lors de la prochaine Assemblée générale Caf.

Ce fut pour lui, une manière de répondre aux critiques sur l’influence disproportionnée de certaines fédérations nationales au sein des activités de la Caf.

Quant au volet financier, Patrice Motsepe dit en substance que la Caf a eu des revenus records pour l’année 2025. Il indique au passage que, ces ressources serviront au développement des infrastructures locales à l’exemple des terrains, sans oublier la formation des acteurs.

Cette conférence de presse a-t-elle suffisamment convaincu tout le monde, pour faire chuter la vive tension en cours ?

À cette interrogation, il est clair qu’une sorte de calme précaire plane au-dessus du ciel de la Caf.

Le scepticisme au sein de certaines fédérations nationales est une vive réalité. Plusieurs attendaient des actes concrets, plutôt que ces beaux discours flatteurs et endormants.

Aussi vrai, que l’ombre du TAS est toujours présente dans cette affaire Sénégal vs Maroc. Toute décision rendue, relancera sans faute la crise. Ce qui donne des insomnies à n’en point finir.

L’opposition interne est marquée par l’attitude de certains membres du Comité exécutif Caf, ont affiché une mine peu reluisante à l’issue des assises. Il se murmure que le consensus trouvé à l’issue des assises est d’une extrême fragilité, pour qu’on se réjouisse de telles décisions.

Au Sénégal, la colère est restée intacte et l’option d’une contre-offensive demeure présente dans les esprits, quoique le Président Caf a promis de séjourner à Dakar prochainement.

Au sein de l’opinion avertie, on se dit que Patrice Motsepe a évité l’idée d’une enquête interne sur l’éventuelle corruption des membres du Jury d’Appel Caf. Cela est perçu comme un aveu de culpabilité de la part de la Caf.

Du côté marocain, Fouzi Lekjaa et les siens de la fédération royale se disent sereins pour la suite. Pour eux, seul le droit s’est exprimé. Ils considèrent ce dossier clos, ont accueilli favorablement les réformes annoncées sur la transparence, indiquant au passage qu’ils n’ont rien à se reprocher.

Dans une réaction officielle, on indique que le Maroc se concentre en ce moment sur la préparation du Mondial 2026.

Une posture qui véhicule le message d’un bon élève de la Caf, se soumet respectueusement aux organes juridictionnels.

En Égypte siège de la Caf, la presse locale mentionne que l’association continentale est prise en otage dans ce duel Sénégal vs Maroc. Elle en appelle à des réformes profondes justement, pour éviter à l’instance faîtière du football africain de devenir ingouvernable.

En Algérie pays d’Afrique du nord, plusieurs estiment que cette conférence de presse est une sorte de théâtre, une tentative de Patrice Motsepe de sauver son mandat qui court jusqu’en 2027.

Après tout, Patrice Motsepe et les membres du Comité exécutif Caf ont finalement pris la décision de transférer la patate chaude au Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne.

En d’autres termes, tout repose désormais sur la décision que rendra le TAS.

Au cas où le TAS confirme le titre du Maroc, le Sénégal criera au complot institutionnel ;

Si le TAS rend le titre au Sénégal, c’est la crédibilité juridique de la Caf qui s’effondre entièrement et sans façon.

En somme, il n’y a aucun espoir du retour à un strict apaisement, au-delà des agissements du moment. La Caf va pendant plusieurs mois naviguer sous une haute surveillance médiatique sans précédent, en attendant la suite du feuilleton en cours…

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