La Caf traverse en ce moment une période trouble. Cette situation de déséquilibre concerne aussi et surtout son organisation fonctionnelle, structurelle voire stratégique. À quoi renvoie exactement la problématique en question ?

Avant toute chose, il importe de préciser, qu’il ne s’agit pas d’un procès en direction de l’instance faîtière du football africain. Moins encore, ces incidents perçus lors de la 35è édition de Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, ne font partie du sujet présentement en question.
La réflexion concerne des jugements scientifiques argumentés sur les qualités et les défauts de la Caf.
Le but est d’ouvrir une discussion constructive. Et non des critiques inconditionnelles voire malveillantes. Celles qui attaquent les personnes plutôt que les oeuvres.
Une critique efficace, c’est-à-dire équilibrée, qui propose des points précis et exploitables, en vue de résultats pertinents.
L’organisation fonctionnelle, structurelle et même stratégique du football africain, à travers l’instance faîtière du football continental est mise à rude épreuve.
Des avis divergent à ce sujet. L’aperçu que l’on a, en tant qu’acteur à distance, est celle d’une association qui se déploie sans fin à travers diverses “réformes”.
Néanmoins, celles-ci présentent de nombreuses failles, qui font dire de la Caf, qu’elle est prisonnière de ses propres choix, voire des options questionnables.
Ce qui préoccupe au plus haut point plusieurs experts en la matière. D’où, la divergence d’analyses sur ces volets spécifiques.

. Une Caf bourreau ?
À ce stade, les arguments s’entrechoquent et s’articulent autour d’éléments suivants :
– L’excès d’autorité
Plusieurs acteurs de l’intérieur (clubs, joueurs, encadreurs techniques, associations nationales…), se plaignent vivement des attitudes fortement gênantes de la Caf.
Ces acteurs ci-dessus mentionnés, reprochent à la Caf son élan arbitraire, estiment au passage ; qu’elle est déconnectée des réalités locales, celles propres au continent africain.
Ces désaccords reposent sur des points précis, à savoir :
– La sempiternelle question infrastructurelle, où l’instance faîtière du football africain impose aveuglément les normes internationales. Cela renvoie ainsi aux homologations des stades, qui font parfois des malheureux.
Les infortunés trouvent excessif le procédé imposé à cet effet. Allusion est faite à l’absence de ressources financières et matérielles, permettant de relever ce défi particulier.
Plusieurs clubs et équipes nationales africaines sont très souvent obligés de délocaliser les matchs ailleurs, privant sur le coup leurs supporters et le public de spectacle.
– La question de calendrier des compétitions est aussi le ventre mou de l’organisation confédérale Caf.
Les différentes Can ne se tiennent pas toujours aux dates initialement déterminées, faute d’un calendrier stable, fiable et digne d’intérêt.
C’est de report en report, qu’on assiste à toutes ces manœuvres sournoises. Un tel spectacle est plus que déshonorant pour l’ensemble du football continental.
– L’autre volet se rapporte aux sanctions infligées par la Caf. Ces amendes sont si élevées, créant de fait un sentiment de “racket”.
– En outre, la très forte centralisation du pouvoir entre les mains du Secrétaire général de la Caf au Caire, tend les rapports avec les 54 fédérations nationales.
– Aussi, l’oppression financière s’explique par cette attitude trompeuse ; à augmenter les différentes primes. Puis, les récupérer par le biais d’amendes infligées aux acteurs. On parle d’une forme de malice en cours.
– Sur un volet purement sportif, la Caf se présente comme un bourreau, à cause du privilège excessif qu’elle accorde singulièrement à la Can masculine.
Elle met en avant cette compétition Can masculine, pour des motifs de rentabilité financière et de sa très grande médiatisation.
– Le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) a rendu l’âme. La Caf par la voix de son président confédéral estime, qu’il s’agit d’une “perte d’argent spectaculaire.”
Cette compétition selon Patrice Motsepe n’attire pas assez de sponsors. Ce qui signifie, qu’on a préféré l’intérêt commercial, économique à la mise en valeur des joueurs locaux, de la promotion du football africain.
C’est bien évidemment un scandale pour ces joueurs locaux du football local. Une obstruction de taille d’autant que, le CHAN était la seule vitrine internationale offerte normalement à ces joueurs locaux.
– L’alternative qui a été mise sur pied ou préféré, est la naissance de la Ligue des Nations africaine.
Elle va davantage éteindre les possibilités de ces joueurs locaux. Puisqu’ils seront muselés dans les choix par différents staff-techniques, au profit de joueurs africains évoluant ailleurs, hors du continent (ces stars du continent qui jouent en Europe entre autres).
– La Caf a choisi un nouveau modèle économique et sportif. Ce qui suppose, qu’on accorde une place essentielle au business et au calendrier Fifa. Sans oublier l’influence néfaste de l’Association de Clubs Européens (ECA).
Ces quelques aspects déterminent la grande distance en cours dans le football africain globalement.

. La Caf victime ?
Certains estiment que la Caf est victime de nombreuses forces internes et externes, qui lui sont défavorables. D’où les difficultés récurrentes à mieux gérer l’activité, et à produire conséquemment les résultats escomptés.
Les nombreux freins auxquels se heurtent la Caf, relèvent aussi des structures historiques, sans oublier la géopolitique mondiale devenue assez complexe.
– La stricte dépendance à la Fifa, le football continental est mis “Sous tutelle“. Cette absence de souveraineté fait du football continental, qu’il subit incessamment la pression extérieure, s’aligne forcément au calendrier des autres.
C’est justement ce qui déclenche l’opportunité d’une périodicité de 2 à 4 ans, qu’on impose malencontreusement à la compétition phare du continental africain qu’est la Can.
– Le lourd fardeau de la dette pèse sur les gestionnaires du football africain Caf. Des litiges juridiques hérités des précédents mandats ; l’affaire Lagardère Sports a coûté la bagatelle somme de 50 millions $ aux caisses de la Caf.
Certaines voix se sont élevées pour accuser l’opacité dans la gestion, qu’elle est à l’origine du malaise.
– L’autonomie financière est mentionnée. La Caf est passée de 9 à 23 sponsors, annonceurs, partenaires etc.
L’autre argument brandi est celui du marché africain de la publicité. Il se dit qu’il est mou. Ce qui rend la Caf ultra- dépendante des droits TV.
Les retombées financières de la Can masculine sur ce cas assurent le financement d’autres compétitions de la Caf.
Ce qui est pénible et ennuyeux en vue de l’atteinte des objectifs de qualité.
– La faible attractivité financière flagelle l’organisation fonctionnelle du football africain. Les investisseurs internationaux s’intéressent très peu au football continental d’ici.
– La carence en matière d’infrastructures de qualité freine plusieurs ardeurs ; au développement global de l’activité à l’échelle du continent. Cet état compromet grandement l’instauration d’un remarquable moule de production ; celui de talents rares et d’envergures.
– Défi relevé suite à l’organisation de la 35è édition de Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025.
Les standards infrastructurelles ont été au rendez-vous. Les six (6) villes hôtes du tournoi ; Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir, Fès sont pourvues de stades ultra-modernes.
– Le bras de fer Caf- Eca (Association de clubs européens) fait de la Caf une victime du temps.
Au fond, la Can s’est jouée en hiver contrairement aux fortes chaleur estivales. Cela a favorisé un beau spectacle hormis certains cas préoccupants. Les stars du continent ont pris part au tournoi pour tout dire.

En conclusion, la Caf établit un choix clair dans ses options. Elle a préféré une organisation efficace et rentable, peu importe son caractère impitoyable vis-à-vis des petites fédérations nationales et les joueurs locaux.
Elle a refusé la posture de victime financière de ses propres compétitions déficitaires.
D’autre part, la rigueur qu’impose la Caf, fait d’elle un bourreau, pour se sortir d’une image de mauvaise gestion et d’ingérence dont elle est victime.
Tant qu’elle dépendra de la Fifa dans son mode de fonctionnement, ajoutée à sa fragilité financière. Il va de soi que, la Caf éprouvera à jamais toutes les peines du monde, pour se faire respecter comme modèle d’administration…





















