La 35è édition de Coupe d’Afrique des Nations 2025 fait jaser avant le début du tournoi. Cette situation rocambolesque se rapporte au nombre de matchs (32/52), que devront diffuser les chaînes de télévisions publiques francophones d’Afrique. Une vive indignation est née, puis s’est développée à raison. Cet état concerne des volets spécifiques ; ceux liés aux droits de diffusion. Quel est le fond du problème et ses contours réels ?

L’avant période ; celle qui précède la tenue effective de la 35è édition de Coupe d’Afrique des Nations masculine Maroc 2025, est émaillée d’un grave incident.
C’est que, la Caf a pris la résolution ferme, d’indiquer aux chaînes de télévisions francophones d’Afrique ; qu’elles n’auront pas un libre accès quant à la diffusion complète des 52 matchs de Can, tel qu’indique le format de compétition. La Caf leur accorde le droit de diffuser uniquement 32/52 matchs du tournoi Can 2025.
Cette mesure inédite concerne uniquement les télévisions publiques des pays francophones d’Afrique. Par contre, des avantages substantielles sont accordés à d’autres pays, qui n’appartiennent pas à cet espace linguistique. Ils ont ainsi obtenu l’autorisation de diffuser l’ensemble des 52/52 matchs du tournoi Can !
En outre, la Caf a accordée à Canal+ des droits plus étendus, qui permettent à ce média, de diffuser tous les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations 2025.
Face à ces écarts d’une extrême gravité, neuf (9) chaînes de télévisions publiques d’Afrique francophone subsaharienne, ont manifestement réagi en interpellant la Caf sur ces indélicatesses. Ceci s’est fait le 22 novembre 2025 à Lomé au Togo.
Ces télévisions défavorisées par le mauvais sort en question, ont surbabondemment énuméré de griefs raisonnables.
Pour mieux se situer, les différentes chaînes de télévisions publiques en question sont à titre d’illustration ;
RTS (Sénégal), RTI & NCI (Côte d’Ivoire), CRTV (Cameroun), RTG (Guinée), ANAMA (Tchad), GCT (Gabon), RTB (Burkina Faso), ORTM (Mali), ORTN (Niger).
Les responsables de ces différentes chaînes TV, disqualifient le procédé d’exclusion et l’esprit arbitraire qui sont considérablement à la base du problème de fond.
“Il ne faudrait pas favoriser un opérateur payant dominant sur le marché francophone d’Afrique subsaharienne au détriment des médias publics gratuits, accessibles au plus grand nombre.”
Cette interpellation en appelle à la suivante, qui paraît aussi logique que certaine. Ces droits de diffusion sont inaliénables aux yeux des télévisions publiques francophones d’Afrique. Puisque de telles actions importantes se font clairement :
“Au nom de la souveraineté médiatique, de l’équité et du droit des populations africaines à suivre gratuitement leur compétition phare.”
De fil en aiguille les idées s’enchaînent, avec pour seul objectif essentiel :
“Tout mettre en œuvre pour garantir une Can 2025 accessible à tous, sans distinction de zone linguistique.”
L’histoire ancienne s’invite ordinairement, pour dénoncer les malfacons en cours. Le rappel à de bonnes convenances renvoie considérablement à l’esprit de départ. Celui qu’avait prôné les pères fondateurs de cette compétition en 1957 :
“Fierté, unité et communion populaire”. Un message qui interpelle vivement, que le football est un jeu aux enjeux multiformes. Il va au-delà des simples aspects sportifs. D’où la nécessité de se ressaisir, en évitant de froisser la bonne mémoire d’antan !

Les indications substantielles ressortent, pour justifier l’idée marquante des Télévisions Publiques d’Afrique. Celles qui sont en ce moment abusivement lésées, dans cette option malheureuse venue de la Caf.
Du moins, c’est en comparaison d’avec ce qui se faisait autrefois, n’avait suscité autant de colère qu’à présent :
“Il suffisait d’accepter quelques minutes de publicité pour compenser les droits. Tout a changé lorsque la Caf a confié les droits à des acteurs privés.”
La pensée de responsables des télévisions publiques francophones va plus loin, qu’un simple exercice de dénonciations. De cela, il en découle une menace forte sur l’avenir du tournoi 2025.
Cette grande amertume est également manifeste à travers le ton de la colère qui grimpe, et les affirmations brutales qui jaillissent des cœurs :
“Aucune autre chaîne hors d’Afrique ne diffuse la Can. Il est temps que les télévisions publiques africaines parlent d’une seule voix, quitte à boycotter la compétition pour faire entendre raison à la Caf.”
Les arguments sont brandis, pour démontrer ce qu’il en est, en matière de bénéfices lucratifs :
“Les droits de diffusion de la Can dépassent désormais le milliard de francs cfa, contre à peine 300 millions pour la Coupe du Monde” (Mamadou Baal, ancien DG/RTS).
Des révélations sur l’esprit en cours, on note simplement à titre d’information crédible, qu’il y a peu de temps, que Canal+ a justement racheté MultiChoice, son concurrent sud-africain.
Une façon particulière de renforcer sa mainmise sur le marché des droits sportifs. Voilà aussi en quoi, cette chaîne détient un quasi-monopole de diffusion sur le continent africain.
Il y a vraisemblablement un choix judicieux à faire. Car, les télévisions publiques en Afrique sont un service public gratuit. À travers la couverture libre d’événements, le caractère populaire, pédagogique et patriotique demeurent au cœur des activités.
Cela renvoie aux rôles des États africains, se rapportant au football. La Can au sens large est majoritairement financée par ces États. Les contribuables financent les différentes équipes nationales. Les États construisent et réhabilitent les infrastructures, les équipements logistiques, sécuritaires, paiement des droits de retransmission à travers ces chaînes publiques.
En plus, lors des matchs de Coupes d’Afrique des Nations, la Caf impose aux différentes chaînes de télévisions publiques de passer exclusivement les publicités de ses partenaires.
Ces publicités sont une vingtaine, et ne sauraient faire l’objet de concurrence, avec les publicités locales des chaînes de télévisions publiques en question.
Ce manque à gagner, comment est-il couvert, si tant est que ; la Caf présente d’autres exigences contraignantes à ces mêmes fins ? N’y a-t-il pas un contraste troublant au sein des esprits ? Que veut exactement l’instance faîtière du football africain ?
La Caf dans sa politique de gestion, se livre à une opération lucrative, qui est malvenue et inadaptée aux réalités du continent africain. La Caf se livre à un mauvais jeu sournois, en ignorant malicieusement les principes et fondements réels de la Can.
Elle s’emploie dans un exercice bizarre et trompeur, à copier le modèle en vigueur à la Fifa et à l’Uefa, en matière de commercialisation des droits.
C’est honteusement moche de concevoir les choses ainsi. Il existe des moyens plus élaborés, et mieux affinés pour élaborer la gouvernance de qualité. Celle qui susciterait moins de réactions négatives.
Bref, la Caf gagnerait à mieux se structurer, sur plusieurs volets de sa gouvernance. Sinon, naîtront plusieurs frustrations. Ainsi, le football africain prendra un sérieux coup d’autoflagellation.
Il importe chaque fois ; de réfléchir avant d’agir. Au risque d’instaurer un champ fertile aux multiples drames incessants.
Cette malencontreuse façon de gérer les affaires du football en Afrique, colle fortement à la peau. D’où l’urgence de s’en défaire strictement et dans les plus brefs délais…





















