La problématique des indemnités de formation et la contribution de solidarité à l’échelle africaine interrogent considérablement, sur les mécanismes et la portée desdits droits aux structures bénéficiaires. Des situations floues persistent, l’insatisfaction se fait entendre. Qu’en est-il exactement ?
Le fait au cœur du sujet concerne ces droits inaliénables. Ceux qui ont trait aux montants, qu’un ancien club formateur doit, impérativement recevoir en cette qualité.
La Fifa indique clairement l’obligation de payer une indemnité de formation, dès que le premier transfert est opéré.

Les délais de paiement sont déterminés, et doivent intervenir au plus tard dans les trente (30) jours, qui suivent la signature du contrat professionnel. La tranche d’âge [12-23 ans] est celle retenue dans cette opération. Ce sont ces années, que l’on considère lors des calculs.
Aussi, l’élément de base qui entre en ligne de compte, est le passeport du joueur. Il s’agit essentiellement des structures (clubs de manière générale), dans lesquels le joueur a été formé, ainsi que la durée de la formation.
Les réserves sont à émettre, sur ces types de cas, où l’ancien club a mis fin au contrat du joueur sans cause. Ou, si le joueur est transféré vers un club de catégorie 4. Ou davantage, si le joueur professionnel réacquiert son statut d’amateur, lors du transfert.
Pour ce qui est des catégories, ce sont les fédérations nationales, qui classent leurs clubs, en quatre (4) catégories au plus. Cette classification se fait sur la base d’investissements financiers, effectués au cours de la formation de joueurs.
Les catégories au niveau de la Caf indiquent :
Catégorie I, n’existe pas ;
Catégorie II, 30.000 USD ;
Catégorie III, 10. 000 USD ;
Catégorie IV, 2.000.000 USD.

Les Catégories dans la Zone UEFA renvoient à :
Catégorie I, 90.000 euros ;
Catégorie II, 60.000 euros ;
Catégorie III, 30.000 euros ;
Catégorie IV, 10.000 euros.
À titre d’illustration, le joueur Nguémé évolue dans le club amateur Mboutoukou FC/Yaoundé/Cameroun/Caf. Il s’engage avec le club professionnel Réal Madrid/Espagne/UEFA.
Nguémé a été formé pendant six (6) ans dans Mboutoukou FC.
Le calcul des indemnités de formation, tiendra compte de la catégorie à laquelle appartient le Réal Madrid (catégorie 1).
De ce fait :
[12-15 ans], soit quatre (4) ans de formation donnera lieu à (10.000 × 4) = 40.000 euros (c’est la base). Et, 90.000 × 2 = 180.000 euros [16-17 ans], soit deux (2) ans ( selon la catégorie du Réal). La somme globale sera de 40.000 + 180.000 = 220.000 euros (indemnités de formation). Ces calculs sont calqués, sur la base de formation d’un joueur du Réal Madrid. Voilà, ce qui détermine, la somme à reverser au club formateur du joueur Nguémé, ex-sociétaire de Mboutoukou FC.
Quant à la contribution de solidarité, elle n’est valable qu’au cas où, le joueur Nguémé est transféré avant la fin de son contrat, du Réal Madrid au Bayern Munich (exemples). Ainsi, l’on prélèvera 5% de ce transfert, pour redistribuer aux clubs formateurs (0.25 % × 4 ans), concerne uniquement la tranche [12-15 ans]. Et 10%, soit un total de 0.50% × 8 ans, pour ce qui est de la tranche [16- 23 ans]. Ces tranches d’âges sont aussi importantes, dans le jeu des calculs effectués.
L’objectif de ces opérations financières, en direction des clubs formateurs vise, à accroître le moule de production des jeunes footballeurs talentueux.
Cependant en Afrique, les choses ne se passent pas toujours convenablement. Les raisons sont multiples. Le fichier des joueurs n’est pas souvent bien tenu, pour établir un quelconque passeport fiable à un joueur. Les Clubs formateurs ne sont suffisamment renseignés, sur le mouvement des joueurs. Si bien que, les dix-huit (18) mois impartis au versement desdites indemnités, et contributions de solidarité s’écoulent, sans que l’on sache exactement, l’existence d’une éventuelle transaction de transfert du joueur etc.
Ces sommes non perçues par un ayant-droit, sont renversées à la fédération nationale du pays, auquel appartient le club. Pour qu’elle oeuvre au développement du football jeunes (juniors). Mais alors, tel n’est pas très souvent le cas !
La galère que vivent les structures de formation en Afrique, ne plaident pas en faveur de agissements obscurs. Ils sont malvenus et contre-productifs, à bâtir solidement ce football des jeunes. C’est vraisemblablement ce socle, qu’il importe de valoriser absolument.
Sinon, les abandons et autres formes de découragement viendront, installer leur lit là où, cela n’est point nécessaire. De nombreuses garanties sont offertes à l’effet de sauvegarder les intérêts des structures de formation. Cette mise en garde de la Fifa est sensible.

Les clubs professionnels “rebelles” qui ne s’exécutent pas à temps, pour reverser ces indemnités et contributions de solidarité, s’exposent dangereusement aux sanctions de la Commission de Discipline de la Fifa, telles que les obligations réglementaires indiquent.
Ces possibilités qu’offrent les indemnités de formation, et contributions de solidarité (aux structures de formation et autres fédérations nationales) à se faire de ressources financières, devraient aussi profiter aux États, vraisemblablement.
De manière intelligente et responsable, les fédérations nationales du continent gagneraient, à instaurer une taxe sur ces transferts, comme cela se fait ailleurs. Question de soulager et motiver les pouvoirs publics, à s’intéresser puis s’impliquer considérablement, à tout ce qui renvoie à cette activité.
C’est encore là, un type d’attirance à promouvoir. Pour, s’attacher la bienveillance des décideurs hésitants ou désintéressés.
Au bout du compte, le prétexte de cette affaire d’indemnités et contribution de solidarité, enfoncent sérieusement la question du droit des acteurs. S’il est respecté selon les règles de l’art, les choses iront davantage mieux, pour le football africain en général. Et, celui de la formation en particulier. C’est une priorité non-négligeable et non-négociable à envisager dans l’urgence…





















