vendredi, octobre 16, 2026

L’évolution historique de la Caf, présente deux visages considérables. Au calme relatif (1957/1987), s’ouvre une période particulièrement houleuse (1988/2023). Des hauts et des bas marquent profondément, le règne de différents responsables. Ces fortunes diverses font l’identité singulière, d’une époque en proie aux divisions et convoitises.

Tout débute simplement en 1957, avec la création de cette association panafricaine (Caf), sous l’initiative de quatre (4) pays. Il s’agit de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Soudan et de l’Afrique du Sud sont les pères fondateurs, de cette instance faîtière du football africain (Caf). Elle connaîtra son élargissement au fil des années. Présentement, la Caf compte cinquante-quatre (54) membres, affiliés en son sein.

Des dirigeants qui président aux destinées de cette confédération jusqu’en 1988, appartiennent tous, à trois (3) des quatre (4) pays, à l’origine de sa naissance. L’Afrique du Sud est écartée de la gestion en ces temps-là, pour des raisons de politique discriminatoire, en vigueur dans ce pays.

Drapeau Afrique du Sud

Cette période d’adolescence, puisqu’elle est marquée, par les petits pas de l’instance faîtière du football africain, voit tour à tour défiler :
● Abdel Aziz Abdallah (Égypte/1957-1958) est ingénieur de formation, dirigeant du football, président de la Fédération Égyptienne de Football (1953-59). Il retient l’attention, pour avoir présidé les travaux, ayant conduit à la naissance de la Caf (08 juin 1957). Ce qui lui vaut le mérite, d’occuper en premier, la prestigieuse fonction de président de la Caf. Aussi, il a été le tout premier africain, à intégrer le cercle très fermé du Comité Exécutif de la Fifa (1957-58) ;

● Mohamed Abdel Aziz Moustapha (Égypte/1958-68), succède à son compatriote. Ce Général des Armées est un passionné de football. Il a été dirigeant de club, délégué africain à la Fifa, puis a occupé le poste de vice-président de la Fifa (1968-92) ;

● Abdel Halim Mohamed (Soudan/1968-72 et 1987-88), est médecin de formation, dirigeant de football, membre du Comité International Olympique (1968-1982). Il a été élu à la tête de la Caf en 1968, puis succédera au défunt Tessema (18 août 1987- 10 mars 1988) ;

● Ydnekatchew Tessema (Éthiopie/1972-1987), est un ancien footballeur international (attaquant), entraîneur de la sélection nationale (Éthiopie), président du Comité Olympique de son pays. L’on dit de lui, qu’il est le premier grand joueur de L’Éthiopie ;

Drapeau Ethiopie

C’est après son mandat, qui s’achèvera malheureusement par l’intérimaire Abdel Halim Mohamed (Soudan), qu’une ère nouvelle s’ouvrira à la Caf. Bien avant le début de cette période, trop peu de bruits sont entendus à la Caf. Le public n’est pas informé, de ce qui se passe en interne. Tout se déroule dans la plus grande discrétion, entre les quatre murs, loin des regards curieux.

Quatre (4) présidents se succèdent depuis 1988 à la tête de la Caf. De ce fait, l’on indiquera :

● Issa Hayatou (Cameroun/1988-2017), est cadre au Ministère de la Jeunesse et des Sports de son pays. D’où, il occupera de nombreuses fonctions. Secrétaire Général de la Fécafoot (1974- 83), puis président de cette instance (1986- 88), ce dernier est porté en triomphe à la tête de la Caf (1988). Il siégera au Comité Exécutif de la Fifa (1990- 2008).

Il détient jusqu’ici la longévité au poste. Sous son magistère la caf rayonne, enregistre des points positifs. La réussite de certaines sélections nationales africaines aux mondiaux, font parler du continent en bien. Son audace et le refus d’une soumission sournoise, et aveugle à des influences externes, étalent son grand trait de caractère. C’est bien ce charisme inébranlable, qui le pousse, à challenger le président Sepp Blatter. Un mal pour un bien, son rêve de diriger la Fifa, s’accomplira (2015-16), quoique intérimaire.

Des hauts et des bas, ce réformateur du football africain quitte la Caf, dans de conditions difficiles (17 mars 2017). Il est battu à l’élection, qui se tient à Addis Abeba. Le score (34/54 voix) obtenu par son challenger Ahmad Ahmad, a provoqué un type de malaise, au sein d’une certaine opinion.

On lui reproche, d’avoir engagé la structure confédérale, dans une affaire douteuse. Fort heureusement, il finit par se tirer d’affaire. Car, innocenté au bout du compte par le Tas.

Ses détracteurs se recrutent, parmi la communauté du football d’Afrique, et d’ailleurs. Son refus de coopérer maladroitement, associé au charisme qu’il développe, ont renforcé cette conviction, de l’éloigner des affaires du football.

Avec son départ, la mafia des spéculateurs viendra ébranler, tout le bel élan de développement du football africain !

● Ahmad Ahmad (Madagascar/2017-2021), est dirigeant de football, professeur d’Eps (1986-89), entraîneur de football (AS Sotema en 1989), président de la Fédération Malgache de Football (2003-2016) entre autres.

Drapeau Madagascar

Il succède à Issa Hayatou le 17 mars 2017, lors de l’assemblée générale élective.

Son slogan de campagne indique : ” Ensemble pour le changement “, s’articule autour de quatre (4) points essentiels : Transparence confédérale, Gouvernance ouverte et moderne, Transformation de l’institution et Augmentation des revenus du football africain.

Le point de rupture d’avec son prédécesseur, naît de la cessation du contrat, qui liait la Caf à Lagardère Sports. Il trouve, que la durée du contrat (12 ans), ne faisait pas les affaires de la Caf : “Financièrement dangereux pour la Caf “, disait-il en son temps. Soutenu à l’effet par la COMESA (regroupement des pays de l’Afrique Australe), trouvait en cette opération, un délit pour les règles de la concurrence.

Ahmad Ahmad évoque de difficultés internes à la Caf, trouve comme solution, de faire intervenir la Fifa. Un partenariat de six (6) mois est signé, entre les deux (2) entités. Il s’agit, d’auditer et d’assister la Caf.

Des critiques ne se sont pas faits attendre. Pour remettre en cause, la démarche trompeuse. L’on estime, que cela n’est ni plus ni moins, qu’une forme de mise sous-tutelle de la Caf.

Vraisemblablement, il ressort à l’issue de cette affaire (février 2020), un nouveau plan intitulé : “Transform Caf 2021”.

Aux encablures de la fin de son mandat, Ahmad Ahmad ce 24 octobre 2020, reçoit le soutien de 46/54 membres de la Caf. Pour, qu’il se représente à la prochaine élection, prévue le 17 mars 2021.

Hélas ! Puisqu’un malheur n’arrive jamais tout seul, les affaires en nombre accablent Ahmad Ahmad. L’on a fait allusion au favoritisme, à l’endroit de la Société Tactical Steel (équipementier), après la rupture d’un pré-accord avec Puma. Accusations d’agression sexuelles (ancienne employée de la Caf), financement d’un pèlerinage à la Mecque…

La chambre de jugement de la Fifa entre en jeu. Ahmad Ahmad est carbonisé, sans ressort, jeter à la vindicte d’une juridiction aux ordres. L’infortuné du moment subit, les affres d’une dépendance étroite à ce lobby constitué. Lequel pourtant, l’accompagnait dans la sordide opération, lors de la conquête du pouvoir confédéral.

Il a été dit par cette chambre : manquements au devoir de loyauté, abus de pouvoir, détournements de fonds…

Cinq (5) ans de suspension, qu’avait écopé Ahmad Ahmad au départ. Le Tas l’a innocenté sur certaines affaires, en allégeant sa peine le 12 mars 2021, à deux (2) ans de suspension, et une somme de 45,000 euros comme amende à verser.

Une fois ayant purgé sa peine, Ahmad Ahmad a opéré une sortie médiatique, sur les ondes de Rfi. Il avait dénoncé ce jour, la cabale orchestrée sur sa personne. Bien plus, avait également reconnu, qu’on s’était servi de lui, en faisant allusion au terme “aiguillon”. Lequel mot dit tout, est suffisamment explicite sur certains détails ennuyeux ;

Ahmad Ahmad

● Constant Omari Selemani (RDC/13 novembre 2020 – 12 mars 2021) est ingénieur de formation. Il a été par ailleurs dirigeant de club, et président de la FÉCOFA (2003-2021).

Ce dernier a assuré à deux (2) reprises l’intérim, à la tête de la Caf. Tout d’abord, lors de la maladie et la convalescence de Ahmad Ahma. Puis, après l’éviction de ce dernier, en sa qualité de président de la Caf.

À son tour, il est poursuivi par la commission d’éthique de la Fifa (début 2021). On lui reproche, d’avoir opéré des malversations financières, de l’ordre de 64,444 euros, reçus illégalement de Lagardère Sports. Ceci a abouti le 18 juin 2021, à sa suspension d’un (1) an. Il perdait ainsi sa qualité à la Caf, et celle de membre du Comité Exécutif de la Fifa, où il siégeait depuis 2015 ;

● Patrice Tlhopane Motsepe (Afrique du Sud/12 mars 2021 jusqu’à nos jours), est un opérateur économique. Il porte également la casquette de dirigeant de club (propriétaire de Mamelodi Sundown depuis 2004), a obtenu en 2016 la Ligue des Champions africaine, puis la Supercoupe Caf (2017) avec son club.

Patrice Motsepe

C’est au courant du mois de novembre 2020, qu’il annonce sa candidature, pour conquérir la Caf. Au départ, il devait affronter quatre (4) autres candidats. Curieusement, ceux-ci vont renoncer, et rallier sa cause. C’est de façon, qu’il arrive aux affaires.

Toutefois, des récriminations sont soulevées, sur la démarche ayant conduit à sa désignation. Les mêmes sources affirment, qu’il serait un instrument au service de la Fifa ! D’où, sa stricte dépendance et sa soumission aveugle, aux principes édictés contre son bon gré. Ses détracteurs soutiennent mordicus cette thèse, au regard de la politique d’ingérence permanente de la Fifa, dans les dossiers sensibles, propres à la Caf. Jusqu’où crédibiliser ces allégations, quand on sait, que pareilles dénonciations ne se prouvent aisément ? L’on en saura davantage avec le temps !

Du calme relatif à ses débuts, aux tourments continuels en ce moment, le football africain a néanmoins marqué des points remarquables, sur certains aspects, au-delà de tout. Les histoires qui entachent sa réputation, ont un effet indubitable sur son développement. Il y a lieu actuellement, d’opérer des mutations profondes. Car, ce chantier de construction n’est pas une sinécure. Aussi, les agissements font dire de la gestion globale de l’activité, qu’elle n’est pas un long fleuve tranquille. Il serait judicieux, de se défaire des malfaçons habituelles, qui vraisemblablement plombent tout effort de progrès…



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