La désignation du Ballon d’Or Caf, devenue Meilleure Jour africain est une tradition fort ancienne. Les récipiendaires de cette distinction sont au départ issus de clubs locaux. La tendance qui s’inverse, interroge considérablement. Au point d’inciter la pensée, à jeter un regard de reconnaissance sur ces faiseurs de rois. Il s’agit essentiellement de clubs africains, dans lesquels ces joueurs ont reçu ces distinctions individuelles.
Le fameux titre honorifique, qui récompense le footballeur africain le plus en vue, au cours d’une saison sportive, a vu le jour en 1970. C’est une affaire de la Caf. Le tout premier bénéficiaire de cette distinction (1970), évoluait dans un club étranger (Saint-Etienne en France). Salif Kéita (Mali) puisqu’il s’agit de lui, faisait l’unanimité à cette période. Après lui, s’en suivra un enchaînement de joueurs africains, évoluant sur le continent. Cela se fera sans interruption jusqu’en 1987.
Le point de départ d’une rupture totale est ainsi prononcée, avec la forme époustouflante de l’algérien Rabah Madjer. Ce sociétaire du club Portugais Porto FC, vient briser cette dynamique interne (1987). Il reçoit de fait, le titre de Ballon d’Or africain. Comme un signe de malédiction, depuis lors, les joueurs locaux n’ont plus jamais, goûter aux délices de ce trophée. Un lot de consolation cependant en direction de ces derniers, ils bénéficient depuis la réforme de 1992, d’un Prix du Meilleur Joueur évoluant sur le continent.
L’embarras vient de cette réalité contextuelle. L’on pourchasse ses intérêts, en portant ses choix sur ce qui semble plus utile et urgent. Aucun procès en la matière ne peut, délivrer un jugement sévère à l’endroit de ces footballeurs. Autrefois, ces aspirations faisaient plaisir à ceux qui livraient l’activité. Tel n’est forcément pas le cas à présent. L’histoire des départs de joueurs africains pour ces terres plus fertiles ne rassurent plus, et ne livre aucune garantie particulière d’un quelconque succès.

Sadio Mané meilleur joueur Caf 2022
Quoiqu’il en soi et de manière sincère, la reconnaissance singulière à l’endroit de clubs africains à partir desquels ces vedettes adulées du grand public sont partis, méritent considérablement, qu’on leur rende un vibrant hommage. C’est une nécessité de premier plan, à faire valoir au plus profond, les réalités historiques du football africain lors de son adolescence.
A tout seigneur, tout honneur ! Le choix préférentiel est effectué uniquement sur de clubs du continent. Clubs au sein desquels ces footballeurs d’antan, ont remporté cette distinction honorifique (1971-1986). Il est question, d’insister sur ce pan oublié de l’histoire, ignoré ou méconnu par certains, enterré par d’autres malencontreusement.
Ainsi et dans la foulée, l’on remarquera ce qui suit :
1-Afrique du Nord
* Maroc
– En 1975, Ahmed Faras qui évolue au club local de Chabab Mohammédia, reçoit cette distinction honorifique, qu’attribue la Caf Ballon d’Or ;
– En 1983, Mahmoud Al-Khatib du club FAR Rabat est bénéficiaire de cette même distinction confédérale ;
– En1985, Mohamed Timoumi sociétaire du FAR Rabat est l’heureux élu désigné par la Caf ;
– En 1986, Badou Zaki du Wydad AC (Maroc) remporte cette couronne de gloire.
* Tunisie
– En 1977, Tarak Dhiab de l’Espérance Tunis, décroche le fameux sésame des mains de la Caf.
* Algérie
– En 1981, Lakhdar Belloumi du GCR Mascara d’Algérie, est choisi par la Caf, pour recevoir cette distinction méritée.

Lakhdar Belloumi
2- Afrique de l’Ouest
* Guinée
-En 1972, Cherif Souleymane évoluant dans le club local du Hafia/Conakry, reçoit le trophée de Ballon d’Or africain.
* Ghana
– En 1971, Ibrahim Sunday de l’Asante Kotoko de Kumasi au Ghana, est distingué par la Caf, à travers ce Ballon d’Or ;
– En 1978, Karim Abdul Razak du club Asante Kotoko du Ghana, reçoit le titre honorifique et mérité, dit Ballon d’Or africain.
3- Afrique Centrale
* Zaïre
– En 1973, Tshimen Bwanga du TP Mazembé club local, est désigné Ballon d’Or africain par la Caf.
* Congo
– En 1974, Paul Moukila du club congolais Kara de Brazzaville, goûte aux délices du titre de Ballon d’Or africain.
* Cameroun
– En 1976, Roger Milla évolue dans le Tonnerre de Yaoundé, lorsqu’il reçoit sa distinction du Ballon d’Or africain ;
– En 1979, Thomas Nkono qui évolue dans le Canon de Yaoundé est choisi, pour recevoir le Ballon d’Or africain. Puis en 1982, il répète son exploit, en remportant à nouveau ce titre. Année au cours de laquelle, il va livrer ses services à l’Espagnol de Barcelogne en Espagne ;
– En 1980, Jean Manga Onguéné du Canon de Yaoundé reçoit le titre du Ballon d’Or africain ;
– En 1984, Théophile Abéga est récompensé de ses efforts, par le titre de Ballon d’Or africain. Ce dernier joue alors, pour le compte du Canon de Yaoundé.

Thomas Nkono
Ce miroir de glace démontre clairement, le degré de compétitivité du football africain de ces époques retirées. Avec la tendance qui s’est inversée. L’on ne peut, que constater le désastre produit, par ces départs très souvent précipités. Lesquels, s’effectuent très souvent vers des horizons incertains, pour la plupart de footballeurs de l’ère actuelle.
Aujourd’hui et davantage, il n’est pas question de ressusciter ces époques. Mais il importe, de s’en inspirer. Pour, redonner une dynamique au football africain. Lequel est profondément dépend de l’extérieur. L’option est aussi, de mettre l’accent sur de réformes efficaces et salutaires. En vue, de la sauvegarde des intérêts nationaux au sens réel des choses. Cela n’est pas un repli systématique sur soi. Au plus fort du constat, la situation impose de réformes en profondeur. Aucun détail n’est à écarter…





















