L’empire construit par Gianni Infantino vacille sous le poids de ses propres ambitions. L’échec retentissant du projet Fifa Forward Enterprise, conçu pour privatiser une partie des actifs commerciaux de l’instance faîtière du football mondial, a agi comme détonateur d’une crise institutionnelle sans précédent. Qu’en est-t-il de l’évolution de cette crise profonde ?

La convergence des oppositions, qu’il s’agisse des ligues, des syndicats de joueurs, de personnalités emblématiques du terrain, ou d’institutions étatiques comme le Congrès et la justice américaine. Tout cela met en lumière des limites d’un modèle de gestion hyper-commercialisé.
Pire, entre la fronde des Confédérations européennes, la désolidarisation du staff exécutif, le Président de la Fifa se trouve sur des charbons ardents.
Loin de s’éteindre, l’incendie s’est propagé jusqu’au Maroc, où les accusations de pactes électoraux occultes achèvent de fissurer un système poussé dans ses ultimes retranchements.
Si l’empire Infantino est au bord du précipice, c’est simplement pour les raisons et attitudes coupables.

. L’échec du projet Fifa Forward Enterprise
Proposé initialement pour accroître massivement les redistributions financières aux fédérations nationales, 211 au total. Le projet en question prévoyait également une gouvernance controversée, incluant un poste de commissaire pour Infantino après son mandat à la présidence Fifa.
Cela est perçu comme une marchandise de plus au football mondial. L’absence de concertation a simplement tué ledit projet.
. La grogne des Confédérations, Ligues et Figures du football
L’Uefa (Europe) et la Concacaf (Amérique du Nord, Haïti et les Caraïbes) ont clairement indiqué officiellement ; qu’elles ont perdu confiance en cette institution Fifa et son Président Gianni Infantino. Une menace a été brandie, à l’idée d’assignation en justice.
La Concacaf ainsi que plusieurs fédérations telles la Finlande, le Pays de Galles, la Suède, la Jordanie ont clairement et ouvertement demandé la démission immédiate de Gianni Infantino à la tête de la Fifa.
Les anciens footballeurs et autres légendes du ballon rond sont montés au créneau. Luis Figo, conseiller à l’Uefa a publié une tribune très violente appelant Infantino à la démission. On peut lire à cet effet :
“Infantino doit partir.” (Luis Figo)
Au sujet des syndicats et ligues, la World Association of Leagues (Association des associations) et la Fifpro (syndicat mondial des joueurs) ont dénoncé avec la plus grande énergie le manque total de transparence et le surmenage imposé par le calendrier mondial réorganisé à des fins mercantiles.
La désolidarisation interne et démissions à la Fifa sont à signaler.
Une démission de poids, concerne Carlos Cordeiro, ancien président de la fédération américaine et conseiller principal de Gianni Infantino. Ce dernier a été clair en s’opposant catégoriquement au projet Fifa Forward Enterprise.
Des tensions au sein de l’exécutif de la Fifa. Le directeur des opérations, Kevin Lamour a publiquement déclaré que la direction avait été “trompée”.
Le Secrétaire général, Mattias Grafström a lui aussi qualifié la manœuvre d’incompréhensible selon le journal anglais The Guardian.
Arsène Wenger, le Directeur du développement du football mondial de la Fifa a pris ses distances avec ces velléités financières, pour appeler au maintien des missions éthiques et sportives de l’instance.

Les interventions politiques et judiciaires sont notables.
Le Royaume-Uni et plusieurs gouvernements ont réagi défavorablement sur cette affaire. C’est suffisamment audible si les autorités britanniques et plusieurs dirigeants politiques européens ont vivement critiqué ce projet de vente d’actifs du football à des capitaux privés.
La pression croissante du Congrès américain à travers une convocation et injonctions judiciaires. La Commission judiciaire de la Chambre des représentants, menée par Jamie Raskin a formellement sommé Gianni Infantino jusqu’au 09 août 2026, qu’il transmette une vaste série de documents internes, et de se soumettre à un entretien officiel avec les enquêteurs américains.
Il s’agit selon les données recueillies, des affaires qui sont liées aux conflits d’intérêts et de proximité politique.
Les élus américains enquêtent justement sur le choix porté au bénéfice du fond d’investissement Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump Jared Kushner, comme principal investisseur du projet Fifa Forward Enterprise.
Aussi, il est question d’apporter des clarification sur la création du “Fifa Peace Prize, Prix de la Paix Fifa.” Lequel fut curieusement attribué à Donald Trump lors de la première édition.
Il y a aussi ; la location à prix d’or des bureaux délocalisés de la Fifa, au sein de la Trump Tower aux États-Unis. Cela interroge forcément.
Le scandale sur la billetterie au cours du Mondial 2026, le Congrès américain pointe également du doigt la tarification dynamique de la compétition organisée en Amérique du Nord.
Le Congrès américain dénonce la dérive commerciale ayant poussé le prix de certains billets au-delà de 33 000 dollars. Et, exige l’accès à l’ensemble des communications électroniques, signal et WhatsApp des dirigeants de la Fifa.
Il y a également les acteurs et juges américains. À la fin du Mondial 2026, des villes hôtes américaines et des acteurs judiciaires exigent des clarifications comptables sur les engagements financiers, et paiements promis avant le tournoi !

. Réunion de crise au Maroc et révélations
Le 05 août 2026, s’est tenue une réunion stratégique à Salé au Maroc justement, selon une annonce officielle de la Fifa dans son site internet, à cette même date.
Ces assises en urgence du directoire exécutif ont été convoquées par Gianni Infantino, au bureau régional de Salé, a révélé plusieurs points.
L’aveu d’erreurs et fuites. À l’issue de cette rencontre, Gianni Infantino et son Secrétaire général Mattias Grafström ont signé une lettre commune adressée conjointement aux membres du Conseil, et aux 211 associations nationales membres ; pour présenter des excuses officielles, admettant que le dossier “aurait dû être géré différemment. (Source, The Guardian).
Les revirements et soutiens d’étape ressortent de ce fameux sommet de Salé, comme initialement attendu.
Si le Président de la fédération marocaine, Fouzi Lekjaa et quelques associations nationales africaines ou asiatiques ont salué le retrait du projet, pour dit-on “prélever l’unité du football”. Les fuites révélées par la presse britannique font état d’un climat d’extrême défiance ; où la capacité de Gianni Infantino à se représenter en 2027, est désormais ouvertement contestée.
Les révélations de la presse britannique à travers ces fuites densément relayées, font état d’un pacte tacite. Il est question de sécuriser les voix de l’Afrique en vue de l’élection présidentielle de la Fifa en mars 2027.
Selon ces révélations, Gianni Infantino aurait laissé entendre, qu’il soutiendrait l’attrition de la finale du Mondial 2030, au futur grand stade Hassan II de Casablanca, d’une capacité de 115 000 places. Ceci au détriment des candidatures espagnoles ; dont Santiago Bernabeu et Camp Nou.
La Fifa a fermement démenti l’existence de cet accord. Du moins, en pareille circonstance, il n’y a jamais de fumée sans feu, selon la sagesse ancestrale !
Des voix critiques s’indignent, pour indiquer que la crise actuelle, ne résume pas seulement la chute d’un projet commercial ; elle matérialise l’échec d’une gouvernance déconnectée de ses bases éthiques et sportives.
Le feuilleton des négociations d’après ces voix critiques, celui autour de la finale du Mondial à venir 2030, et les enquêtes sur les conflits d’intérêts transatlantiques ; illustrent une Fifa piégée par ses propres dérives.
Ces derniers estiment que, l’instance faîtière du football mondial se retrouve face à un miroir : prolonger un système au bord de la rupture, ou amorcer une transition démocratique devenue inévitable !

L’idée qui triomphe, à l’issue de ces assises marocaines du 05 août 2026 à Salé, est celle d’une rupture brutale. L’Uefa a fait une annonce ce 06 août 2026, dans laquelle elle maintient sa position avec une fermeté agressive. Elle souhaite obtenir plus de garanties, par rapport à la rétractation de la Fifa. Sur ce fait, l’Uefa indique qu’elle boycottera toutes les compétitions Fifa, jusqu’à nouvelle disposition contraire.
Quant à la Confédération africaine de football, elle a fait une annonce dans son site internet le 06 août 2026. C’est une déclaration officielle via le Comité exécutif confédéral. La Caf maintient son accord au projet Fifa Forward Entreprise, et souhaite simplement son réaménagement au fond. Elle réaffirme avec insistance son soutien au Président de la Fifa ; Gianni Infantino et son Secrétaire général Mattias Grafström !
Malgré cette réaction tranchée de la Caf, la cascade des revendications se poursuit et fait craindre le pire.
Le Président français Emmanuel Macron a téléphoné à Gianni Infantino auparavant, pour signifier son opposition catégorique, au projet Fifa Forward Entreprise. La ministre des Sports français, Marina Ferrari dit que; le football n’est pas à vendre. Mark Carney, Premier Ministre du Canada affirme publiquement ; qu’il n’a plus confiance en Gianni Infantino.
La FA, fédération anglaise en appelle à un changement de direction au sommet de la Fifa. Lise Klaveness, Présidente de la fédération norvégienne réclame la démission de Gianni Infantino. Elle estime qu’aucun retour en arrière n’est possible !
La position tranchée du Pays de Galles a ouvert la voie à plusieurs autres fédérations européennes ; la Finlande, la Serbie, la Suède retirent leur soutien à Gianni Infantino. Vraisemblablement, le malaise s’étend à une vitesse vertigineuse, au point d’interroger l’avenir de ce football mondial en pleine déliquescence.
En somme, en tentant d’imposer un modèle financier jugé marchand et opaque, Gianni Infantino a fini par fédérer contre lui les acteurs, qu’il cherchait malheureusement à diviser au fond.
Les excuses formulées lors du fameux sommet de Salé au Maroc, et le soutien résiduel de certaines fédérations africaines s’apparentent désormais à un simple répit tactique.
Sous le regard vigilant du Congrès américain et face au désamour des géants d’Europe, le chemin qui conduit vers un troisième mandat en mars 2027 ; ressemble désormais à un véritable chemin de croix XXL.
Pour la Fifa, l’enjeu ne sera plus seulement de sauver la présidence d’un homme. Mais, de renforcer d’urgence la légitimité de la gouvernance du football mondial.
La suite du feuilleton promet d’être riches en termes de révélations incendiaires. On ne perd rien à attendre…





















