vendredi, octobre 16, 2026

La question de l’arbitrage africain au Mondial 2026, s’articule autour de plusieurs enjeux majeurs. Ils sont marqués à la fois par une reconnaissance du travail de la Caf, mais aussi et surtout par de lourdes controverses logistiques, géopolitiques et de choix techniques. Qu’en est-t-il des contours et autres analyses sur ces arbitres africains au Mondial nord-américain ?

De nombreuses problématiques complexes ont marqué jusqu’ici la participation des arbitres africains à la 23è édition du Mondial masculin 2026.

. La crise des visas

Elle concerne essentiellement le cas du somalien Omar Abdulkadir Artan. C’est le problème le plus retentissant et le plus désolant.

Cet officiel a été désigné meilleur arbitre africain en 2025, par la Caf. C’est bien ce qui justifie sa sélection par la Fifa parmi l’élite mondiale, en vue d’officier au Mondial 2026. Fort malheureusement, il a été déclaré forfait.

-La cause vient de ce que les autorités américaines lui ont refusé l’accès au territoire, c’est une question de visa ;

-L’impact est cette vive indignation au sein du football africain. Cette situation a mis en lumière le conflit flagrant entre l’organisation du tournoi et les politiques migratoires strictes des pays hôtes.

En guise de compensation et de reconnaissance de son immense talent, l’Uefa l’a désigné, pour arbitrer la Supercoupe de l’Uefa 2026 à Salzbourg en août prochain.

. Des choix de la Fifa fortement contestés

L’annonce de la liste finale des 19 officiels africains, à savoir, 7 arbitres centraux, 10 assistants et 2 arbitres VAR, a provoqué de profonds débats au sein du continent, en raison de l’absences jugées incompréhensibles.

-L’absence de Jean-Jacques Ndala. Cet arbitre de nationalité congolaise a dirigé la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, a été écarté par la Fifa.

Historiquement, il extrêmement rare, que l’arbitre de la finale continentale de référence, ne soit pas du voyage lors d’un Mondial !

Certains experts lient cette absence aux vives polémiques qui avaient entouré sa gestion de cette finale.

-Les cas Issa Sy et Daniel Laryea. Ce sont des figures majeures de l’arbitrage d’élite. Le sénégalais Issa Sy a payé le prix de plusieurs décisions très contestées en Ligue des Champions de la Caf. Quant au Ghanéen Daniel Laryea, il a été purement évincé pour des motifs inconnus du public.

. La question de représentation

De prime abord, l’Afrique est victime d’une sous- représentation numérique de ses officiels face à l’élargissement du tournoi.

Le Mondial 2026 est le premier de l’histoire à accueillir 48 équipes. Ce qui logiquement induit une augmentation massive du nombre de matchs, soit 104 au total.

-Alors que l’Afrique a vu son contingent d’équipes presque doubler, passant de 5 à 9 ou 10 représentants qualifiés. Le nombre d’arbitres centraux africains est resté très limité, 7 officiels sélectionnés, tombés à 6 après l’épisode d’Omar Artan ;

-À titre de comparaison, la Conmebol (Amérique du Sud), compte 12 arbitres centraux et la Concacaf (Amérique du Nord), en compte 9. Ceci fait naître un sentiment de déséquilibre politique et technique au sein des Commissions de la Fifa.

– Gestion des arbitres africains

La gestion de la désignation d’arbitres africains durant la phase des Groupes et les premiers matchs à élimination directe a permis de voir des officiels africains à l’œuvre sur des affiches à haute tension.

Bien que la Fifa n’attribue les matchs qu’au compte-gouttes, généralement 48 heures à l’avance, plusieurs sifflets africains se sont illustrés lors des rendez-vous clés.

-Mustapha Ghorbal (Algérie), est considéré comme tête d’affiche du corps arbitral Caf, en raison de sa très grande expérience. Il a dirigé les rencontres : Usa vs Turquie, Mexique vs Équateur ;

-Amin Mohamed Omar (Égypte), il a dirigé avec efficacité certaines confrontations des matchs de Groupes. Lesquelles concernaient les équipes européennes et asiatiques. Ce dernier a confirmé de fait sa réputation d’arbitre serein, très proche des actions et son efficacité dans l’utilisation de la VAR ;

-Dahane Beida (Mauritanie) & Abongile Tom (Afrique du Sud), sont ces étoiles montantes de l’arbitrage africain. Ils ont fait très belle impression lors des dernières compétitions de la Caf. Ayant été lancés dans le grand bain du Mondial 2026 lors des matchs de Groupes, la prestation fut axée essentiellement sur la fluidité du jeu ;

-Jalal Jayed (Maroc) & Pierre Ghislain Atcho (Gabon), sont restés fidèles à leur style rigoureux. Ces officiels africains ont dirigé les rencontres ayant opposé les équipes européennes à celles d’Asie, puis celles Amériques-Océanie. Ils ont également été désignés quatrième arbitre lors des grands matchs à élimination directe, cas des 8è et quart de finale.

. Les matchs des demi-finales

La Fifa a désigné les corps arbitraux en vue des demi-finales du Mondial 2026. Les trio d’arbitres sur le théâtre des opérations sont issus de la Confédération Concacaf exclusivement !

L’absence des africains à ce stade de compétition est une observation tout à fait pertinente. Elle fait d’ailleurs l’objet de vifs débats au sein de la communauté footballistique.

. Pourquoi une telle absence des africains ?

Les critères officiels de la Fifa, lors des phases finales se fondent généralement sur trois axes majeurs. Ils font l’objet d’interminables débats jusqu’ici.

-Le classement de performance. À ce niveau, la Fifa dit-on, maintient un classement interne des arbitres basé sur leurs présentations durant la phase des Groupes et les matchs à élimination directe.

Les “notes” attribuées par les observateurs techniques déterminent qui accède aux matchs les plus prestigieux ;

-La neutralité et les conflits d’intérêts. Bien qu’aucune nation africaine ne soit présente dans les deux demi-finales, la Fifa cherche souvent à éviter toute perception de partialité.

Si les officiels africains ont été sollicités lors des huitièmes et quarts de finale. La Commission des arbitres choisit visiblement d’opérer une sorte de rotation vers la zone Concacaf, pour le sprint final ;

-La rotation continentale. Il arrive que la Fifa souhaite équilibrer les temps de jeu des officiels. Cette stratégie semble au cours du Mondial 2026 désavantager les représentants de la Caf dans ce dernier carré.

. Un sentiment de vives frustrations

De nombreux experts s’accordent sur les frustrations subies par l’arbitrage africain lors de ce Mondial.

Le niveau global des arbitres africains a considérablement changé ces dernières années. On note des profils de classe mondiale, capables de gérer la pression des matchs couperets.

L’absence d’un trio africain ou d’un arbitre central africain pour ces demi-finales, est perçue par plusieurs personnes comme un manque de reconnaissance de cette montée fulgurante des africains.

Le débat sur la représentativité réelle dans les instances dirigeantes de l’arbitrage est plus vif que jamais.

En somme, le Mondial 2026 n’aura pas été cet admirable événement pour l’arbitrage africain jusqu’à maintenant.

Des frustrations et gestes discriminatoires s’alignent pour réduire les bonnes pensées.

Tout ce qui se déroule est une pilule amère, pour celles des personnes, qui espéraient voir enfin ; la diversité du football mondial reflétée jusqu’au bout dans l’arbitrage.

Quels grands dommages !…

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