vendredi, octobre 16, 2026

Le Président de la Caf Patrice Motsepe s’est rendu à Dakar (Sénégal), dans le cadre de la crise post-Can Maroc 2025, concerne ce litige opposant le Sénégal au Maroc, suite à la décision rendue publique par le Jury d’Appel Caf. La vive controverse en cours force le sommet de la pyramide à descendre sur le terrain de la justification. Qu’en est-t-il des contours d’une telle visite cruciale ?

C’est incontestable que la visite de Patrice Motsepe du 08 avril 2026 à Dakar (Sénégal), intervient dans un contexte marqué par de vives tensions suite à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Cela est riche en enseignements sur la gouvernance du football africain.

. La primauté du volet juridique sur les aspects émotionnels marque les esprits. En dépit de la pression populaire et de cette ferveur des supporters sénégalais, Patrice Motsepe reste fidèle au principe du respect des règlements.

Il reconnaît symboliquement la victoire des Lions de la Teranga, puisqu’ayant remis le trophée et les médailles à Kalidou Koulibaly et consorts. Néanmoins, il demeure constant sur un point essentiel ; à savoir que la décision finale revient désormais au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) ;

. La diplomatie de sapeur-pompier, vient en renfort pour rassurer certains de la stricte neutralité du Président de la Caf dans cette affaire troublante. La Caf à travers son principal responsable adopte ainsi la posture de médiateur. Du moins, les objectifs de cette visite indiquent :

La recherche d’apaisement des tensions bilatérales entre le Sénégal et le Maroc qui se sont dégradées par rapport à l’affaire de 18 supporters sénégalais encore détenus au Maroc ;

Aussi, on ajouterait le renforcement des liens institutionnels. En rencontrant Bassirou Diomaye Faye, le Président de la République du Sénégal, il ressort clair que le football en Afrique dépasse le simple cadre sportif pour devenir une affaire d’État ;

. La crise de crédibilité des instances continentales, renvoie considérablement à dire de la Caf, qu’elle a de graves problèmes dans son système actuel. C’est bien ce qui saute à l’oeil. Le besoin de transparence lié à la demande du Sénégal qu’une enquête internationale soit faite sur cette affaire de soupçons de corruption montre délicatement le déficit de confiance envers les mécanismes opérationnels internes à la Caf.

. L’affirmation du Sénégal comme puissance footballistique, se vérifie également dans ce contexte. Le ton ferme des autorités du pays, exigent la reconnaissance du titre acquis sur le théâtre des opérations, prouve simplement que les nations africaines ne se contentent plus de participer aux compétitions, mais exigent une stricte équité dans le traitement de leurs dossiers.

C’est remarquable que le Sénégal ne se considère plus comme un compétiteur, mais aussi et surtout comme un garant de l’intégrité du jeu à l’échelle africaine.

Au-delà des formules diplomatiques, Patrice Motsepe lors de sa conférence de presse du 08 avril 2026 à Dakar révèle une posture d’équilibriste. L’essentiel de son message porte sur les points suivants :

. Le transfert de responsabilité

C’est une espèce de déni de compétence qu’affiche le Président confédéral Caf. Il a insisté sur le fait que le dossier se trouve désormais entre les mains du TAS. Une façon élégante de protéger l’instance faîtière du football africain d’une décision, qui lorsqu’elle interviendra, fera des mécontents incontestablement.

C’est un message clair, la Caf ne tranchera pas elle-même sur le fond du litige, pour éviter d’être accusée de partialité envers le Sénégal ou le Maroc ;

. La défense d’intégrité face aux soupçons

Patrice Motsepe répond aux accusations de corruption qui entachent cette Can 2025, rejetant l’idée d’une manipulation systémique. À cela, son langage a porté sur les aspects suivants :

La sanctification de l’arbitrage, tout en admettant des erreurs humaines ;

La protection de l’image de marque, qui favorise l’attrait des investisseurs mondiaux. Cela n’est pas possible dans un tel contexte, si l’image de la compétition Can reste associée à des scandales de coulisses ;

La primauté de la diplomatie politique à travers ces échanges montre que la Caf traite désormais avec les Chefs d’Etats, plus qu’avec les Présidents de fédérations.

Le fait d’avoir directement rassuré le Président Bassirou Diomaye Faye est une preuve que le contentieux sportif a muté en une affaire de souveraineté nationale ;

Le sort des supporters est-il une sorte de monnaie d’échange ?

Le ton affiché sur les 18 supporters sera détenus au Maroc était à la prudence absolue. Au fond, Patrice Motsepe fait entendre que la Caf joue un rôle de facilitateur humanitaire pour obtenir leur libération. C’est peut-être une manière d’offrir au Sénégal cette victoire morale et diplomatique à défaut d’une garantie immédiate sur le trophée ;

L’aveu de complexité marocaine s’explique par le fait que après Dakar, le Président confédéral Caf se rend immédiatement au Maroc. Patrice Motsepe a implicitement admis que le noeud du problème ne peut se régler à Dakar.

En réalité, cette conférence de presse a mis en évidence une Caf coincée entre deux poids lourds du football africain. D’une part, l’influence infrastructurelle et politique du Maroc, et d’autre part la suprématie sportive et l’indignation populaire du Sénégal.

Cette conférence de presse se révèle beaucoup plus comme un exercice de gestion de crise plutôt qu’une session d’information.

En somme, Patrice Motsepe n’est pas venu apporter des solutions au problème de l’heure. Mais, exige du temps et une grande patience, tout en essayant de sauver la crédibilité d’une organisation dont l’autorité est sérieusement contestée.

Des paroles pour soigner, et non pour trancher. Seul le Tribunal Arbitral du Sport détient l’ultime décision…

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