Les acteurs directs au centre de cette mondialisation en Afrique sont soumis aux indicateurs de performance obligatoires. Lesquels déterminent les choix opérationnels des recruteurs. Comment et sur quelles bases sont évalués ces jeunes talents africains ?

C’est à travers une batterie de données recueillies que les recruteurs s’appuient désormais dans la détection des talents. L’Indicateur Clé de Performance (ICP), en anglais Key Performance Indicator (KPI) est une méthode qui s’articule autour des volets scientifiques et techniques.
Prioritairement, l’un des indicateurs en question concerne les aptitudes physiques et athlétiques du footballeur. Les experts parlent de la “Caisse“, pour signifier que le football moderne exige forcément une intensité physique réelle et totale.
Les recruteurs étudient méthodiquement les données grâce au GPS. Il s’agit en effet des aspects suivants :
. Vitesse de pointe du joueur encore appelée “Top Speed“. Le but recherché est la capacité à aller au-delà des 33-35 km/h ;
. Volume de sprints à haute intensité, encore désigné “High Speed Running” ou HSR. À ce niveau, l’objectif est le nombre de courses effectuées au-delà de 20 km/h, pour chaque match. Aussi vrai, qu’un joueur d’élite a l’obligation de maintenir ce rythme même après la 70′ de jeu ;
. Vitesse Aérobie Maximale ou VAM, indique la capacité de récupération entre deux efforts explosifs.
Le deuxième aspect est le ICP Techniques et Décisionnels sur “L’Efficacité” du joueur.
Plus concrètement, il est question de mettre l’accent sur la dangerosité des passes effectuées par le joueur. À ce niveau, il ressort clairement les attentes suivantes :
. Passes vers l’avant ou Progressive Passes, met en relief la capacité qu’a le joueur à briser les lignes adverses par la passe, plutôt que de jouer latéralement ;
. xA ou Expected Assists, traduit la qualité des passes effectuées par le joueur, qui mènent à une occasion de but, ceci indépendamment de la réussite du buteur ;
. Taux de réussite sous pression, est la capacité à conserver le ballon et à réussir un geste technique lorsque l’adversaire est à moins d’un mètre, le fameux “pressing résistance”.
Le troisième point dit ICP Tactiques et Cognitifs renvoie à “L’Intelligence” du joueur. À ce stade s’établit la différence entre un bon joueur et un futur professionnel. Les points de repères situent de façon précise sur :
. Fréquence de prise d’information ou “Scanning Rate”, détermine le nombre de fois où le joueur tourne la tête pour observer son environnement avant de recevoir le ballon. Il est dit que, l’élite tourne la tête 3-5 fois en 10 secondes ;
. Positionnement moyen sans ballon, fait état d’une analyse de la couverture de zone et de l’intelligence de placement défensif. Il s’agit des interceptions vs tacles ;
. Transition temporelle, concerne le temps mis par le joueur, pour passer d’une phase offensive à une phase défensive, vulgairement appelé “repli“.
Une synthèse effectuée sur la Matrice d’Evaluation en rapport d’avec les Indicateurs de ICP, puis le Seuil de “Classe Mondiale”, s‘établit de la manière suivante :
Sprint de 30m = <4,00 secondes ; Précision passes longues = >65% de réussite ; Interceptions/90′ = >4 pour un milieu de terrain ou un défenseur ; “Recovery Runs” = 100% d’efforts sur les replis.
Les exigences du football moderne imposent aux recruteurs, d’utiliser l’Intelligence Artificielle (IA), pour comparer les ICP à une base de données mondiale.
Un cas atypique, un jeune footballeur de l’école des Brasseries au Cameroun est comparé à un autre jeune footballeur évoluant par exemple dans le centre de formation du Barcelone en Espagne, par une simple analyse vidéo.
Ce ICP n’est pas uniquement une statistique sur le nombre de buts inscrits par un joueur. Elle s’impose comme cette unité de mesure précise et objectif, utilisée pour évaluer l’efficacité d’un joueur, ou d’une équipe par rapport à certains objectifs professionnels.
Aussi, il est suffisamment clair que, le ICP dévoile la traduction mathématique du talent.
Ce langage commun aux entraîneurs, les recruteurs, directeurs sportifs etc… est celui en vigueur dans le monde entier présentement. Il situe véritablement sur l’état du joueur, s’il est disposé à affronter le haut niveau.

Ce changement de cap à partir de ICP est très favorable aux recruteurs du monde.
Autrefois, ils étaient soumis à l’obligation d’effectuer un déplacement, question de superviser le joueur sollicité. La donne a été bouleversée grâce cette méthode scientifique et technique inscrite à l’ordre des préoccupations.
Le filtrage automatique fait partie des avantages liés à ICP. Un club comme Juventus Turin par exemple, est à même de programmer un logiciel pour dire : “Montre-moi tous les attaquants africains de moins de 19 ans qui ont un ICP de passes progressives supérieur à 5 matchs.”
La valorisation financière vient de ce que, plus les ICP d’un footballeur africain sont conformes aux standards européens, plus son prix de transfert augmente. C’est par-là même, une preuve par quatre de son talent.
Le suivi médical n’est pas en reste. Le ICP prévient sur les risques de blessures sur la base de la charge de travail, avec pour mise en garde la fatigue musculaire très élevée.
La Mesurabilité interroge sur Le “Combien” des choses. C’est simplement la quantification qui existe. On ne dit pas “ce joueur court vite”, mais “ce joueur a une vitesse de pointe de 34.2 km/h.”
Pour arriver à un tel résultat, un Outil Capteur GPS est inséré dans les brassières des joueurs. La Donnée recueillie détermine le nombre de mètres parcourus à plus de 25 km/h.
La Pertinence aussi est évoquée pour résoudre Le “Pourquoi” des choses. À ce stade de préoccupations, un indicateur n’est clé que s’il aide à prendre une décision capitale.
Pour illustrer ce cas, le nombre de jongles à l’entraînement n’est pas un ICP utile pour un défenseur central. Par contre, le taux de duels aériens gagnés est un ICP pertinent pour son poste.
La comparativité intervient pour déterminer Le “Par rapport à qui”. Ce volet concerne la comparaison d’un joueur gabonais et espagnol par exemple, sur la base des standards de la Liga espagnole.
Si un recruteur a besoin d’un milieu de terrain “box-to-box”, il compare sur ce coup le volume de courses en kilomètres du jeune talent, avec la moyenne des milieux de terrain du championnat espagnol par exemple.

Des données pertinentes entrent en jeu, pour déterminer le niveau réel d’un jeune talent. C’est une espèce de cahier des charges à remplir obligatoirement, pour être éligible face à la concurrence.
Ces qualités se situent en fonction du poste où évolue le jeune talent. De ce fait, on notera ce qui suit :
. Le gardien de but est chaque fois considéré comme ce “Premier Relanceur”. Son rôle a considérablement évolué vers un profil de libéro. Les seuls arrêts ne suffisent plus, il en faut beaucoup plus.
À ce niveau, ICP 1 détermine la Longueur et la Précision des Relances. La Capacité à trouver un partenaire à plus de 40 mètres détermine un taux de réussite > 60% ;
ICP 2, concerne les Sorties Proactives. On évalue le nombre d’interventions hors surface de réparation, pour couper les passes en profondeur ;
ICP 3, est le Ratio Arrêts/Tirs cadrés. Il s’agit simplement de l’Efficacité pure sur la ligne de but.
. Le Défenseur est La “Base de Sécurité“, qu’il soit central ou latéral, il doit impérativement être une sorte de “mur” intelligent. Amplement, il lui est exigé sur la base rationnelle :
ICP 1, concerne le Pourcentage de Duels Gagnés, peu importe que cela soit au sol ou dans les airs. L’élite situe à 70% ;
ICP 2, sont ces Interceptions en 90′ de jeu. La capacité à lire le jeu et couper la trajectoire avant d’avoir à tacler ;
ICP 3, renvoie aux Passes vers le dernier tiers. Cela suppose une Capacité à transmettre le ballon proprement aux milieux de terrain ou aux attaquants, en vue d’amorcer une offensive.
. Le Milieu de Terrain est considéré comme Le “Métronome“. Ce poste est le plus exigeant physiquement et techniquement. Sur cette base, il lui est imposé :
ICP 1, concerne le Volume de courses qui marque la Distance Totale. Pour un milieu de terrain de haut niveau, il doit parcourir entre 11-13 kilomètres en un seul match ;
ICP 2, a trait aux Courses vers l’avant ou Progressive Carries. Principalement, il s’agit de la Distance parcourue avec le ballon au pied, pour gagner du terrain sur l’adversaire ;
ICP 3, renvoie au Taux de réussite sous pression. Il détermine la Capacité qu’a le joueur à ne point perdre le ballon, lorsqu’il est entouré de deux ou trois adversaires par exemple.
. L’Attaquant est d’habitude appelé Le “Finisseur Clinique”. À ce poste, seule l’efficacité chirurgicale compte. De cela, il se rapporte :
ICP 1, Expected Goals (xG), est cette probabilité qu’un tir se transforme en but selon la position. Un bon attaquant doit obligatoirement inscrire plus de buts que ses xG ne le prédisent ;
ICP 2, concerne les Appels dans l’espace ou Sprints. Cela a trait au nombre de courses explosives dans le dos de la défense à chaque match ;
ICP 3, s’appuie essentiellement sur la Conversion de chances. Pour cela, on s’attarde sur le ratio faisant état du nombre de tirs tentés et le nombre de buts inscrits.
En conclusion, rien n’est plus hasardeux dans l’univers du football mondial, pour qu’on demeure dans l’ignorance absurde. Tout concourt étroitement au succès de celui qui le désire.
Le champ d’application des changements est nécessaire voire indispensable à sa propre progression. Les radars de performance sont là pour le témoigner.
L’Afrique qui est un moteur clé dans l’univers globalisé du football doit s’améliorer sportivement au fil des jours, pour suivre la cadence évolutive.
Les difficultés de plusieurs ordres sont présentes certes. Mais, il faut user de son génie créateur pour solutionner les problèmes en question. C’est réalisable dans l’ordre formel des préoccupations actuelles et à venir…





















