vendredi, octobre 16, 2026

Le Jury d’Appel de la Caf a rendu une décision ce 17 mars 2026 sur la crise qui oppose le Sénégal au Maroc, se rapporte aux incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Cette décision est un véritable séisme sportif pour le football africain. Car, elle transforme ce qui est une victoire sénégalaise sur l’aire de jeu (1-0), en un sacre administratif pour le Maroc. C’est une grande première dans l’histoire du football continental, qu’un vainqueur de Can soit désigné autrement que par le procédé habituel. Quelles analyses ressortent d’une telle situation ?

Un communiqué de presse présent dans le site officiel de la Caf intitulé : “Déclaration aux médias du Jury d’Appel de la Caf, publié: mardi, 17 mars 2026“, annonce ce qui suit :

“Le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a décidé, en application de l’article 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 (<<le Match>>), le résultat étant homologué sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF)…” (Extrait communiqué CAF).

Cette annonce est extraordinaire dans le fond et la forme. Elle marque le point de départ d’une nouvelle crise du football africain, au moment où l’on s’attendait le moins.

Quel est le fondement juridique d’une telle décision ?

Le Jury d’Appel Caf s’est adossé sur deux articles du règlement de compétition Can. Il s’agit évidemment des articles 82 et 84.

Ces deux articles concernent essentiellement l’interruption d’un match de football et ses effets.

Pour ce qui renvoie à la réalité des faits, à savoir le fameux match Sénégal vs Maroc, il est reproché aux joueurs sénégalais d’avoir quitté la pelouse de jeu sans l’autorisation de l’officiel du match. Cela a duré exactement 16′ selon plusieurs sources. D’autres témoins parlent de 12′ !

Le règlement officiel quant à lui établit la borne à 15′ pour une équipe qui quitte le terrain de jeu, après quoi, elle est déclarée forfait.

Ce forfait est automatique au regard des dispositions réglementaires. En plus, 3-0 fixe le score de la rencontre en question.

Le revirement intervient à ce niveau, par rapport à la décision rendue préalablement par le Jury Disciplinaire. Cette juridiction avait simplement infligée des sanctions allant des suspensions aux amendes.

Or, le paradoxe, les contradictions, le nouveau rebond déterminent clairement ; le retrait du trophée au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, déclaré vainqueur par ce procédé !

De graves variations coupables !

Le constat d’infraction dans cette affaire n’est pas perçu de la même manière par les organes juridictionnels internes à la Caf. Ce qui est une grande curiosité planétaire, pour une affaire aussi grave que lourde de conséquences au football africain.

D’où vient-il que, l’application des articles 82 et 84 fassent tant de mal à l’ensemble, suite aux attitudes controversées du Jury Disciplinaire et celui D’appel ?

L’interprétation de l’article 82 est incontestablement le véritable point de friction entre les parties et les organes juridictionnels Caf.

Pour le Jury d’Appel Caf, l’infraction est consommée dès lors que le joueur quitte volontairement le stade, pour rejoindre les vestiaires. Le fait que les joueurs sénégalais sont revenus sur l’aire de jeu après 15′ est jugé non pertinent aux yeux du Jury d’Appel, pour ignorer la faute commise.

L’article 84 qui inflige le score de 3-0 est la suite de la décision fondée sur l’article 82, selon le Jury d’Appel. Lequel témoigne à travers cette décision que le Jury Disciplinaire n’avait pas strictement observé la règle de droit. Lequel manquement a produit de fait une erreur d’appréciation.

C’est pourquoi, ce Jury d’Appel estime qu’il rétablit le droit, en s’appuyant strictement sur les sanctions prévues par la réglementation en vigueur, figurent au sein des textes Caf du tournoi Can.

. La réaction venue du Sénégal !

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF), qualifie cette décision du Jury d’Appel Caf de “forfaiture”. Dans la foulée, elle annonce fermement de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne (Suisse).

Pour reconquérir ce trophée provisoirement perdu au plus fort des rebondissements en cours. Le Sénégal pourrait axer sa défense sur deux points précis :

La reprise et la fin du match reste. C’est le principal argument fétiche, qui est susceptible de rétablir l’équilibre en faveur du Sénégal. Cette rencontre Sénégal vs Maroc a repris effectivement sur les opérations de jeu après 16′ d’arrêt. Puis, est allée à son terme avec cette victoire sénégalaise (1-0).

Le Sénégal plaidera certainement sur ce volet spécifique du score 3-0 attribué au Maroc, fait qu’il remporte la partie. Ceci ne s’applique qu’au cas où le match n’est pas allé jusqu’à son terme.

Or, à ce niveau, tout s’est déroulé jusqu’à la fin du temps réglementaire, désignant à l’effet le vainqueur et le vaincu du match querellé.

. Traditionnel principe de proportionnalité !

À ce stade, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) se prononce très souvent par expérience sur une règle élémentaire ; que chaque sanction infligée soit proportionnelle à la faute commise, et non autrement que par ce procédé.

Le Tas trouverait drôle, qu’on retire un trophée remporté à la régulière, pour une affaire d’interruption temporaire du jeu. Pourtant, le jeu a bel et bien repris.

Le TAS pourrait simplement s’en tenir au volet sportif, celui qui détermine le score acquis sur le terrain, pour annuler cette décision excessive du Jury D’Appel CAF du 17 mars 2026.

Bref rappel historique !

La jurisprudence Wydad AC vs Espérance Tunis lors de la finale de la Ligue des Champions Caf 2019 situe les esprits sur ce précédent historique.

En ce temps-là, Wydad AC du Maroc avait quitté la pelouse protestant contre une panne survenue à la VAR.

Le Wydad AC perdait le match par forfait, au seul motif qu’une équipe ne devrait se rendre justice elle-même en stoppant le cours de la rencontre.

La différence majeure entre les deux cas évoqués, c’est à-propos du retour du onze national du Sénégal sur l’aire de jeu, contrairement au Wydad AC qui mettait prématurément fin à la rencontre.

C’est justement sur ce point précis, que les décisions prises séparément par la Caf au départ après sa volte-face et celle rendue par le Tas plus tard étaient toutes concordantes, et conformes à la réglementation en vigueur.

La pièce maîtresse !

Le rapport de l’officiel du match Sénégal vs Maroc du 18 janvier 2026 sera déterminant dans cette nouvelle procédure.

Du moins, si le rapport de l’officiel indique clairement ; qu’il a demandé aux joueurs sénégalais de revenir sur le terrain de jeu, et que ces derniers ont obéi dans un délai raisonnable. Dès lors, le Sénégal détiendrait une forte chance de s’en sortir agréablement.

Si par contre, le même officiel indique dans son rapport qu’il a subi des pressions extérieures, ou d’éventuelles contraintes pour poursuivre la rencontre. Ou alors, que la reprise de ce match s’est déroulée dans des conditions de sécurité précaires. Ainsi, le Maroc serait réconforté dans son argumentation, et sa position confirmée.

Les probabilités de succès au TAS !

À ce niveau, deux scénarios se présentent :

La stricte application du droit aurait pour argument clé ; le départ du terrain. Ce qui exprimerait une forme de rupture du contrat avec la compétition et une partie de son règlement. Le Maroc serait gagnant.

D’autre part, si on met en avant l’équité sportive. Il est bon de relever que le match a réellement repris. Le penalty accordé au Maroc lors du jeu, est celui ayant fait objet de l’incident du jour a été exécuté selon les principes édictés. Au final, la rencontre s’est achevée à terme. Le Sénégal remporterait sur ce coup le procès, et ses attentes seraient comblées.

Les effets incontournables !

Il va de soi que, cette décision inédite du Jury d’Appel Caf en date du 17 mars 2026, figure désormais dans le registre juridique, comme un nouveau cas d’école en la matière, pour ces nombreux experts.

L’application littérale du règlement en question (articles 82 et 84), fait malheureusement abstraction de la réalité du terrain, pour favoriser les lois du jeu.

En perspective pour se résumer, c’est une bataille épique qui s’annonce compliquée. Le Maroc soutiendra certainement “la sacralisation du règlement de la Can”. Pendant que le Sénégal défendra “la vérité du terrain”.

Le Sénégal pourrait demander préalablement au Tas, de suspendre l’attribution officielle du trophée et de médailles au Maroc, en attendant la décision finale de cette juridiction.

Il est possible, qu’on assiste à une procédure accélérée, compte tenu de l’urgence que présente la situation.

Peu importe l’issue du jugement en question, la Caf a davantage terni sa propre image et remis en cause sa crédibilité au sein des opinions diverses.

On attend la réaction de la Fifa dans cette affaire. Elle qui s’était prononcée au moment des faits, en indiquant que des sanctions sévères soient prises à l’issue de cette finale Can 2025.

Que nous réserve la suite de ce feuilleton rocambolesque et ridicule ?…

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