Dans sa volonté et son élan à développer le football mondial, la Fifa a mis sur pied un programme quadriennal horizon 2023-27. Cette initiative est née au mois de mars 2023 à Kigali au Rwanda, en marge du Congrès de la Fifa (Assemblée générale). Qu’en est-t-il de son évaluation en Afrique ?

Le slogan“Football Unites the World“, qui signifie “Football unit le monde” a pour visée essentielle ; le développement mondial du football. Ceci est possible à travers ; l’inclusion, les compétitions, la gouvernance.
Les grandes articulations d’un tel développement sont regroupées au sein des points considérables dits : “11 objectifs stratégiques”.
Ces aspects interagissent les uns rattachés aux autres considérablement.
Les 11 Objectifs Stratégiques, Impact & Évaluation en Afrique
Ils se déterminent de la manière suivante :
1. La révision des Statuts
Il s’agit de moderniser les Statuts des fédérations nationales, qu’ils soient conformes à ceux de la Fifa.
À ce niveau, plusieurs associations nationales africaines se sont conformées à cette exigence. Aux fins de s’aligner théoriquement aux standards de bonne gouvernance prescrits par la Fifa ;
2. Réforme du système des transferts
Le but visé est d’assurer une protection renforcée des clubs formateurs. Question de faciliter l’obtention ou la perception des indemnités de formation, lors des transferts internationaux. Une amélioration est à relever globalement en Afrique ;
3. L’investissement dans le numérique et l’IA
La démarche consiste à un déploiement de la plate-forme Fifa+, qu’elle diffuse les championnats locaux des pays africains, sans oublier la numérisation des systèmes d’enregistrement des licences diverses (Connect ID) ;
4. Accroissement des tournois jeunes
La fréquence dans l’organisation des compétitions jeunes est un défi à relever. L’élargissement du mondial U17 permet aujourd’hui à l’Afrique, d’avoir plus de représentants, lors de cette compétition mondiale. Laquelle se joue désormais chaque année ;

5. Le développement des talents
Cet autre défi consiste à lancer des académies de haute performance. Pour celles qui existent déjà, qu’elles soient renforcées. Des exemples sont visibles au Malawi, Mauritanie, Djibouti entre autres ;
6. Les responsabilités sociales
Ce sont des projets liés au climat et aux droits humains. En Afrique, cela se traduit par la construction des infrastructures durables.
Ensuite, il est mis sur pied le programme “Football for schools”. Il se dit de ce chapitre, qu’il est déjà opérationnel dans une trentaine de pays africains ;
7. Les opportunités pour équipes africaines
La Fifa a lancé un tournoi dit “Fifa Series” depuis mars 2024. Cette compétition permet aux équipes africaines, d’affronter celles d’autres Confédérations, hors des tournois officiels. L’Algérie, le Tchad, l’Égypte etc… ont déjà pris part à cette compétition non-officielle ;
8. Le football féminin
La Fifa a décidé dès 2023, de financer un peu plus de 36 compétitions du football féminin en Afrique. L’objectif est de professionnaliser des Ligues nationales ;
9. La Coupe du Monde 2026
Avec le passage de 9 ou 10 représentants à une phase finale du mondial, le football africain pourrait s’assurer une assez grande visibilité mondiale. Ce qui est bénéfique à son rayonnement pluriel ;
10. Coupe du Monde des Clubs (2025)
Les clubs africains ayant pris part à cette compétition internationale, à l’exemple du Wydad AC, Al Ahly etc. ont reçu de revenus vitaux importants à cette occasion ;
11. Générer 11 milliards USD de revenus
Les recettes de la Fifa profitent également au Programme Fifa Forward 3.0. Les fédérations nationales africaines reçoivent chacune, jusqu’à 8 millions USD en quatre ans. Ce qui n’est pas insignifiant, pour le développement des volets spécifiques réservés à ces fonds.

Bilan Chiffré
L’Afrique est au cœur de cette stratégie de développement, au plus fort de ses besoins en ressources financières et matérielles.
La Fifa a investi plus de 2 millions USD pour le continent africain. Concrètement, les Stades et Centres techniques ont été des priorités. On citera ; le complexe Mohammed VI au Maroc, le stade Sheikha Boidiya en Mauritanie font partie des bénéficiaires de ce programme Forward 3.0 ;
Pour ce qui renvoie à la gouvernance, environ 87% des fédérations nationales affiliées à la Caf, ont désormais implémenté le système de licence aux clubs. Laquelle licence est une prescription obligatoire de la Fifa aux clubs professionnels locaux ;
Le volet formation indique que, plus de 15 000 officiels et éducateurs ont bénéficié des programmes de renforcement des capacités, durant ces deux dernières années.
Défis majeurs
Des insuffisances sont perceptibles jusqu’ici. On évoquera dans ce cadre :
L’intégrité, qui est manifeste à travers la manipulation des matchs, puis la corruption. Ce sont des chantiers importants à revoir strictement ;
L’exode des talents, préoccupe au plus haut point. Si tant est que le système des transferts s’améliore progressivement avec le temps.
L’Afrique dans une large mesure demeure ce “continent exportateur”. En cela, la Fifa se bat à maintenir sur place en Afrique ces talents. Voilà pourquoi, elle favorise des compétitions locales de clubs plus lucratifs.
Malgré de tels efforts consentis, plusieurs fédérations nationales présentent de nombreuses lacunes structurelles persistantes.
Elles traînent le pas par rapport aux piliers déterminés. Ce retard est préjudiciable, en fonction des cibles de la Fifa.
Les obstacles ou blocages (quelques cas pratiques)
Les ingérences, qui occasionnent le gel des avoirs. C’est le cas du Kenya suspendu en 2021 par la Fifa, pour immixtion d’un tiers. Le Fifa Forward 3.0 a été gelé jusqu’en décembre 2025, quoique la suspension fut levée en 2022.
Du côté de la Fifa, on évoque le motif de “stricte surveillance”. D’autant plus que, les autorités républicaines du Kenya reprochaient l’exécutif fédéral de corruption avérée.
Des audits mensuels sont faits par la Fifa, auprès de la fédération du Kenya. Cette fédération a longtemps éprouvé des difficultés, à s’aligner sur les standards de conformité édictés par la Fifa.
Conflits institutionnels et arbitrages, portent sur la Gouvernance et l’arbitrage. Le manquement vient des tensions entre les ministères de Tutelle et les Fédérations.
Les exemples du Cameroun, de la RCA, du Congo, du Gabon entre autres, sont ces manquements en rapport d’avec les nominations des staff-techniques de sélections nationales. Elles ont suscité de vives polémiques par exemple.
La conséquence est certainement cette instabilité, qui freine la mise en place des réformes structurelles de long terme.
La question infrastructurelle et le football féminin, posent problème. Ce manquement est perceptible au Nigéria. En dépit des exploits de l’équipe nationale féminine “Super Falcons”, celles-ci dénoncent régulièrement la question des primes, arriérés et ces conditions d’entraînement précaires.
Il est reproché à la fédération du Nigéria, une opacité qui empêche de maximiser les fonds Fifa Forward 3.0, dédiés au football féminin local. Pourtant, un pilier majeur à l’échelle africaine !

En guise de synthèse sur ces différents freins
On mentionnera les axes ci-dessous :
Gouvernance ; les ingérences politiques, les mandats des exécutifs fédéraux questionnables. En plus de cela, il y a la faible gouvernance, retards administratifs, problèmes financiers, gestion chaotique et la corruption ;
Les transferts ; la fuite des talents sans compensation pour les formateurs. À ce sujet, l’Afrique reçoit une infime part de 1.1% des revenus mondiaux. Ce qui est très insignifiant ;
Levolet numérique et IA ; l’Afrique accuse un retard considérable en matière de digitalisation des licences, et de billetterie. Plusieurs fédérations nationales n’ont pas suffisamment de moyens techniques appropriés, pour tenir le coup (internet haut débit, serveurs…) ;
L’absence du football jeunes ; cette question est épineuse, à cause des compétitions irrégulières. Aussi, on soulignera la mise en place suffisamment lente des académies Fifa ;
L’entre-soi politique ; plusieurs comités exécutifs privilégient leur propre survie, aux réformes à entreprendre ;
La dépendance financière ; les pouvoirs publics assurent le financement du football globalement. Les sélections nationales africaines dépendent étroitement des fonds étatiques. La prise en charge concerne tous les volets spécifiques, jusqu’à la prise en charge des staff-techniques par les États.
Cette indépendance que prône la Fifa reste une pure chimère. Ce qu’il y a de pire, que cette théorie mensongère.

En définitive, celles des voix qui s’élèvent, pour dénoncer les écarts, s’appuient sur des données recueillies.
Plusieurs fédérations nationales ne suivent pas le rythme imposé par la Fifa. Ce qui freine l’impact des objectifs stratégiques.
Par contre, des modèles se dégagent en Afrique dans les mêmes conditions, pour faire la différence.
Ce contraste est éprouvant, et fait dire du mal de la gouvernance globale du football africain.
Des exemples concrets existent, qui témoignent du retard ennuyeux et contre-productif au développement de ce football continental.
Le football africain dispose d’un potentiel énorme. Seule une prise de conscience réelle, à travers la Gouvernance de qualité hisserait ce football au Panthéon de la gloire…





















