vendredi, octobre 16, 2026

Le Conseil de la Fifa s’est tenu le 02 octobre 2025 à Zurich. Trois invités spéciaux étaient conviés aux assises. La présence de ces observateurs particuliers dit tout sur les enjeux sportifs du moment. Les points clés dudit Conseil se résument essentiellement à la Paix et à la Gouvernance du football. Le contexte est incontestablement tendu ; avec ce malaise lié aux crises politiques. Puis aux récriminations d’acteurs sur la gestion des joueurs. Tel est le menu de la réflexion. Qu’en est-il fondamentalement ?

Juridiquement parlant, le Conseil de la Fifa est le principal organe décisionnel de l’organisation entre chaque Congrès de la Fifa. Il est composé de 37 membres élus par le Congrès. Tous sont issus des six (6) Confédérations de la Fifa. Cette instance de gestion joue un rôle primordial dans la gestion du football mondial.

Des grands points à l’ordre du jour des travaux de ce Conseil, on retiendra essentiellement que deux marquent les esprits.

Le premier a trait à la Paix dans le monde. Les pays concernés par ces crises sont des membres de la Fifa. D’où l’intérêt majeur qu’a l’instance faîtière du football mondial de réaffirmer ses principes de base. Ceux qui sont en conformité avec ces propos tenus par Gianni Infantino. Il dit à cet effet :

“À la Fifa, nous nous engageons à utiliser le pouvoir du football pour rassembler les peuples, malgré les divisions. Nos pensées vont à celles et ceux qui souffrent des nombreux conflits qui sévissent un peu partout dans le monde. Aujourd’hui plus que jamais, le football se doit de mettre l’accent sur la paix et l’unité.” (Gianni Infantino/Président de la Fifa, 02.10.2025).

Il est difficile de rester insensible aux différentes crises en cours dans le monde. Car, elles produisent un impact considérable sur les activités du football à l’échelle planétaire. Cette forme de solidarité est un attachement réel aux valeurs que prône la discipline.

La Fifa à travers cette sortie de son Président prend fermement position en faveur de ce qui est indispensable ; la Paix. Sans elle, de nombreux dysfonctionnements viendront perturber l’équilibre de cette activité. Elle est sensible et fragile aux tensions. Voilà pourquoi ses règles s’emploient entre autres à mettre en avant le Fair-play, la Solidarité, l’unité, la Communion…

Ce qui est une bonne chose, pour s’assurer l’équilibre parfait de cette activité, en constante recherche d’un développement durable.

Cette instance du football mondial n’a pas de puissance, pour imposer aux peuples ses principes et convictions en rapport avec la nécessité d’une Paix. Ses capacités réelles à rétablir l’ordre, la paix et la sécurité dans le monde sont infondées. Elle n’y peut grand-chose, pour imposer et asseoir ces options indispensables à l’épanouissement complet des acteurs et passionnés de football dans le monde.

En cela, le Président de la Fifa indique clairement :

“La Fifa n’est pas en mesure de résoudre les problèmes géopolitiques, elle peut et se doit de promouvoir le football partout dans le monde en s’appuyant sur les valeurs fédératrices, éducatives, culturelles et humanitaires qui le caractérisent.” (Gianni Infantino, 02 octobre 2025).

Ce n’est guère une fuite en avant de la part de la Fifa. La complexité des crises actuelles dans le monde n’offrent aucune facilité dans la résolution des ces vives tensions. Chacun sait qu’elles sont ses limites en pareille circonstance, pour ne pas en dire plus !

Le second point qui porte sur la Gouvernance du football repose sur un savant jeu d’intérêts.

Le malaise dans le football mondial est effectif à en croire les plaintes et récriminations en direction de l’instance faîtière du football mondial. Sa gestion globale de l’activité footballistique revêt un caractère autocratique.

En créant de nouvelles compétitions régulièrement comme cela est le cas présentement, la Fifa expose les joueurs à de nombreux dangers.

La surexploitation de ces joueurs est une affaire d’intérêts. Cela est perçu comme une anomalie. Elle divise à cet effet les acteurs de premier plan (joueurs et dirigeants), aux opinions oppressantes de la Fifa. La santé des joueurs pose un problème crucial. Cela handicape les clubs employeurs, en même temps qu’on soumet ces joueurs à un rythme de compétition contre-productif à moyen ou à long terme. Fatigue musculaire, blessures à répétition sont ce lot enregistré au quotidien. Cela impacte considérablement la longévité de ces acteurs sur le plan sportif. La Fifpro, principal syndicat mondial de football à travers le monde, a émis une sonnette d’alarme avant le mondial qatarien de 2022. Ce rapport soigneusement élaboré, faisait craindre le pire quant à la santé de ces joueurs. Le temps de repos et de récupération était insuffisant selon ce rapport fleuve de la Fifpro. Cette surcharge de joueurs est liée à la multiplication de compétitions. Telle est la principale cause des discordes actuelles.

En plus de ce volet technique, il y a également l’aspect lucratif qui divise. Les bénéfices en termes de répartition de ressources sont en deçà des attentes d’acteurs. Ceci oppose vivement la Fifa à la Fifpro. Les deux sont en froid sur ces sujets préoccupant.

La question de transparence fait l’objet des querelles incessantes, au point d’interroger le pourquoi du comment ? La Fifa accuse les organisations de faillir dans ce cadre, et vice-versa. Ce capharnaüm n’est plus un secret de polichinelle au regard de l’intensité des tiraillements.

Les invités spéciaux de la Fifa lors du Conseil du 02 octobre 2025, en qualité d’observateurs se sont prononcés sur ces préoccupations majeures d’aujourd’hui. Cette présence de responsables du football n’est pas hasardeuse. Peter Knabel (Président de la fédération suisse de football), Nasser Al-Khelaifi (Président de l’association européenne des clubs ; ECA), Bruno Chiomento (Président de la Commission de Gouvernance, Audit et Conformité), ont pris la parole dit-on dans le communiqué de la Fifa. Le contenu des propos prononcés par ces acteurs est inconnu du public !

Une certitude apparaît clairement et ne fait l’ombre d’aucun doute ; le football mondial est en crise au-delà des apparences.

Si cela n’avait été le cas, pourquoi la Fifa insiste-elle sur ces éléments de langage inhabituels :

“Protéger le football contre les attaques publiques et judiciaires” ?

C’est qu’à la vérité des faits palpables et vérifiables, la Fifa n’est pas droite dans ses bottes. Ses relations avec les parties prenantes du football professionnel sont questionnables. Aussi vrai, qu’elle se plaint de nombreuses attaques publiques et des recours juridiques de certaines organisations. Il n’y a pas de fumée sans feu, surtout dans ce milieu truffé de contradictions. Hier et aujourd’hui se ressemblent étrangement dans ces procédés utilisés dans la gestion globale de l’activité.

L’appel que lance la Fifa face à ces divisions observées sur la base d’une absence de transparence, de gouvernance menace la stabilité du football mondial. En cela, la Fifa se sent à l’étroit. Sa logique fonctionnelle transpire de ce qui suit :

“La Fifa continuera d’inviter toutes les parties prenantes souhaitant discuter de manière constructive pour préserver le bien-être des joueurs et joueuses, trouver le bon équilibre entre le football de clubs et celui des sélections aux niveaux mondial, et continuer à faire grandir notre sport.” (Gianni Infantino, 02 octobre 2025).

Cet appel est vraisemblablement un cri de détresse. La Fifa gagnerait à repenser sa politique globale de fonctionnement. Sinon, les lendemains qui déchantent produiront de nombreux effets indésirables.

Accessoirement, on mentionne ces autres décisions du Conseil de la Fifa, concernant la 1è édition de la Coupe des Champions féminine de la Fifa 2026. Elle se jouera à Londres en Angleterre du 28 janvier-1er février 2026.

Aussi, les dates de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations féminine de la Caf (17 mars-3 avril 2026), figurent désormais dans le calendrier international des matchs du football féminin.

Il est également indiqué que, des nominations ont eu lieu sein des Commissions Permanentes de la Fifa. Les listes des membres ne sont pas encore disponibles.

En définitive, l’exemplarité en tout est une bonne chose. La Fifa a cette obligation formelle de prêcher par le bon exemple. À défaut de quoi, elle s’exposera infiniment aux critiques extraordinaires. Les plaintes qui fusent ça et là, ont des fondements solides, de réels justificatifs pour ne pas en tenir compte. La Fifa est au service du football mondial et non le contraire. Il est temps de rectifier le tir, et de surseoir aux pratiques qui déshonorent…

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